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Cancer du pancréas : un dépistage précoce peut changer le pronostic

Cancer du pancréas : un dépistage précoce peut changer le pronostic

Publié le 13.11.2015
Cancer du pancréas : un dépistage précoce peut changer le pronostic
© 123RF-Katarzyna Biaasiewicz

Le cancer du pancréas est souvent diagnostiqué tardivement, à un stade avancé. Les stratégies actuelles visent à améliorer le dépistage précoce pour démarrer plus rapidement des traitements qui seront mieux adaptés.

 

Cancer du pancréas : COMPRENDRE

Des mots pour les maux

Le cancer du pancréas est une tumeur agressive, le plus souvent de type « adénocarcinome », qui se développe à partir des cellules « exocrines », c’est-à-dire qui produisent les sucs digestifs.
Le pancréas est un organe constitué de trois parties, la « tête » du pancréas entouré par le duodénum, le « corps » du pancréas qui part en arrière et la « queue » du pancréas qui touche la colonne vertébrale.
Il s’agit d’une glande à la fois « exocrine » (qui sécrète des sucs digestifs dans l’intestin) et « endocrine » (qui sécrète des hormones dans le sang).

Qu'est-ce que le cancer du pancréas ?

Le pancréas est un organe de l’appareil digestif. Il est situé dans la partie supérieure de l’abdomen, coincé entre l’estomac et la partie initiale de l’intestin grêle, le duodénum.
C’est un organe allongé constitué de trois parties, la tête du pancréas en avant de l’abdomen entouré par le duodénum, le corps du pancréas qui part en arrière et la queue du pancréas qui touche la colonne vertébrale.
C’est une glande qui va fabriquer deux types de substances. Des sucs digestifs d’une part, pour réaliser la digestion des aliments, et des hormones d’autre part, l’insuline et le glucagon, pour réguler le taux de sucre dans le sang (la glycémie). Les sucs digestifs sont sécrétés par les cellules dites « exocrines » et sortent du pancréas vers le duodénum par le « canal de Wirsung ». Ce canal appelé également canal pancréatique s’unit au canal cholédoque, celui qui transporte la bile provenant du foie. Les hormones sont, quant à elles, sécrétées par les cellules dites « endocrines », appelées « îlots de Langerhans » et sont libérées directement dans le sang.
Le cancer se développe lorsque des cellules du pancréas se transforment et se multiplient rapidement. Elles forment alors une masse que l’on appelle une tumeur maligne qui va gêner le bon fonctionnement du pancréas et qui va comprimer des canaux du tube digestif et les vaisseaux sanguins à proximité.
Il existe plusieurs types de cancer en fonction du type de cellules touchées. Plus de 90 % des cancers du pancréas sont des « adénocarcinomes canalaires » qui sont issus des cellules du canal de Wirsung. Les autres types de cancers sont beaucoup plus rares. Il existe, entre autres, le « carcinome neuroendocrinien » qui touche les cellules endocrines, le « cystadénocarcinome » ou les « carcinomes adénosquameux ».

Pourquoi le cancer du pancréas est un des cancers dangereux ?

Le cancer du pancréas est un cancer agressif, généralement de mauvais pronostic car le plus souvent il est découvert à un stade d’évolution avancé où le traitement est difficile.
Ce diagnostic tardif est expliqué par l’absence de signe clinique au début de la maladie. L’enjeu est d’améliorer le dépistage précoce pour éviter d’arriver trop tard lorsque la maladie est déjà trop avancée.

Quelles sont les causes du cancer du pancréas ?

Il n’existe pas de cause identifiable pour le cancer du pancréas. Il existe cependant des facteurs de risque qui peuvent favoriser le développement de ce cancer. Il est important d’avoir à l’esprit que la présence d'un ou plusieurs facteurs de risque n'entraîne pas systématiquement l'apparition d'un cancer. De même, l’absence de facteur de risque reconnu n’empêche pas l’apparition d’un cancer du pancréas. Les principaux facteurs de risques identifiés dans le cancer du pancréas sont le tabac, le surpoids et l’obésité et les prédispositions génétiques.
Le tabagisme, en particulier la cigarette, est impliqué dans le développement du cancer du pancréas dans 20 à 30 % des cas. Ce risque est proportionnel au nombre de cigarettes fumées par an : plus le nombre de paquets consommés par année augmente, plus le risque de cancer est important. Ce risque baisse quand la consommation de tabac est diminuée ou arrêtée.
Le risque de cancer du pancréas augmente en cas de surcharge pondérale ou d’obésité. Ce risque augmente avec l’indice de masse corporelle (IMC). Ce facteur de risque est vérifié à partir de valeurs d’IMC supérieures à 25 (stade surpoids).
Certaines mutations génétiques augmentent le risque de développer un cancer du pancréas, mais ce n’est pas parce que l’on est porteur du gène que l’on va obligatoirement faire un cancer : ce sont les prédispositions génétiques et familiales. Les mutations les plus fréquentes touchent le gène BRCA2, qui augmente également le risque de cancer du sein, et le gène CDKN2A, associé également au mélanome de la peau. Certaines maladies héréditaires, sont également reconnues comme étant à risque de provoquer un cancer du pancréas, la maladie de « Peutz-Jeghers », la maladie de « Lynch » ou la maladie de « Von Hippel-Lindau ».
En plus de ces trois facteurs principaux, il en existe d’autres dont l’impact réel reste à démontrer comme la consommation excessive d’alcool, une infection bactérienne à Helicobacter pylori, l’exposition à des pesticides ou une infection par le virus de l’hépatite B.

Quels sont les signes du cancer du pancréas ?

Au début de la maladie, le cancer du pancréas ne présente pas ou peu de manifestation. Les malades vivent alors très bien sans se rendre compte qu’ils ont un cancer débutant.
Les premiers signes du cancer apparaissent plusieurs mois voire plusieurs années après son apparition, lorsque le cancer est évolué et retentit déjà sur les organes du voisinage. Ces signes ne sont pas spécifiques du cancer du pancréas et ils dépendent également de la localisation de la tumeur à l’intérieur du pancréas (tête, corps ou queue), mais lorsqu’ils apparaissent ensemble, ils peuvent alerter le médecin.
Le signe le plus fréquent est la jaunisse ou « ictère ». Elle est caractérisée par une coloration jaune de la peau et du blanc des yeux, une coloration brune des urines et une décoloration des selles. Il s’agit d’un blocage de l’écoulement des sécrétions du foie, la bile, par une tumeur de la tête du pancréas qui comprime la canal cholédoque : la bile va alors refluer dans le sang au lieu d’aller dans le tube digestif. La jaunisse est souvent accompagnée de démangeaisons que les médecins appellent « prurit ».
Les douleurs sont également fréquentes. Elles sont fortes, continues, situées en haut du ventre plutôt dans le dos et aggravées par la position allongée.
Une sensation d’estomac plein peut être ressentie. Une phlébite ou thrombose veineuse des membres inférieurs peut également survenir.
Par ailleurs, il existe aussi des signes témoignant d’une altération de l’état général, comme une fatigue chronique, un amaigrissement ou une perte d’appétit.

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