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Cancer du pancréas : un dépistage précoce peut changer le pronostic
Cancer du pancréas : un dépistage précoce peut changer le pronostic
Publié le 15.11.2018
Cancer du pancréas : un dépistage précoce peut changer le pronostic
© 123RF-Katarzyna Biaasiewicz

Cancer du pancréas : DIAGNOSTIC

Quand faut-il évoquer un cancer du pancréas ?

Le cancer du pancréas doit être évoqué en cas de présence de douleurs dans le haut du ventre qui se dirige vers le dos, l’apparition d’une jaunisse caractérisée par une coloration jaune de la peau et du blanc des yeux, une coloration brune des urines et une décoloration des selles. Le tout dans un contexte de fatigue chronique, d’une perte d’appétit et d’un amaigrissement.
Dans ces circonstances, une consultation chez son médecin est indispensable pour confirmer le diagnostic par des examens biologiques et radiologiques.

Comment dépister le cancer du pancréas au début de la maladie ?

Le cancer du pancréas se développe à bas bruit et passe longtemps inaperçu : pendant plusieurs mois, voire années. Il est primordial de le diagnostiquer tôt, avant l’apparition des premiers symptômes, pour pouvoir le retirer chirurgicalement et ainsi augmenter les chances de survie.
Le médecin doit donc être particulièrement vigilant chez les personnes à risque de développer un cancer du pancréas comme les fumeurs, les personnes obèses ou les membres d’une famille atteints de maladies héréditaires. Dans cette population, tout trouble digestif persistant doit faire l’objet d’une prise de sang à la recherche d’une atteinte biologique du pancréas ou des marqueurs actuels du pancréas (ACE ou CA 19.9) et d’une échographie pour rechercher la présence d’une masse au niveau du pancréas.
De plus, les chercheurs conduisent aujourd’hui de nombreuses études pour identifier des « biomarqueurs » précoces, c’est-à-dire des substances présentes dans le corps du patient dont la présence pourrait témoigner de la présence d’un cancer du pancréas à un stade précoce. Les recherches sont encore au stade expérimental mais une molécule appelée « PAM4 » pourrait être intéressante, tout comme la recherche de protéines dans un test urinaire.

Comment faire le diagnostic de cancer du pancréas ?

Le diagnostic du cancer du pancréas repose sur un faisceau de preuves que le médecin va rechercher au travers de plusieurs examens.
Au départ, c’est le médecin traitant qui réalise les premières investigations mais si la suspicion de cancer est grande, alors il dirigera son patient vers un gastroentérologue ou un cancérologue pour poursuivre la prise en charge.
Tout d’abord, le médecin va réaliser un interrogatoire poussé de son patient. Il va rechercher les antécédents personnels et familiaux pour identifier les facteurs de risques du cancer du pancréas et la présence éventuelle de maladies héréditaires. Puis le médecin va rechercher les signes de la maladie et procéder à un examen clinique avec principalement une palpation abdominale.
Ensuite, le médecin va prescrire des examens biologiques et radiologiques pour vérifier ses hypothèses diagnostiques. La prise de sang est indispensable pour mettre en évidence un dysfonctionnement au niveau du pancréas et des organes voisins comme le foie. Il s’agit d’un bilan sanguin centré sur l’exploration du foie et du pancréas qui objective une augmentation de la bilirubine (composant de la bile), des enzymes hépatiques, ALAT et ASAT (souffrance du foie) et une augmentation de la lipase (souffrance du pancréas).
Pour les examens d’imagerie, le médecin va chercher à visualiser la tumeur par différents moyens comme l’échographie et le scanner de l’abdomen. Le radiologue pourra mesurer la taille de la tumeur, évaluer son retentissement sur les autres organes et mettre en évidence d’éventuelles complications.
Du fait de fréquences interpositions des gaz intestinaux, une « échoendoscopie » peut être pratiquée. Le médecin fait glisser un endoscope le long de la gorge jusqu'à l'œsophage puis l'estomac et finalement au duodénum. Il insère ensuite une sonde ultrasonore dans l'endoscope et la fait descendre et pointer vers le pancréas, ce qui permet de l’examiner de plus près. Cette procédure peut également servir à réaliser une biopsie de la tumeur. La biopsie est indispensable pour faire le diagnostic de certitude de cancer par un examen « anatomopathologique » et évaluer son stade de gravité. Cette biopsie peut être réalisée également à travers la peau au moyen d’une aiguille fine.
Une IRM de l’abdomen est souvent réalisée en complément du scanner pour chercher un envahissement régional du cancer ou la présence de métastases au niveau du foie ou du péritoine, la membrane qui enveloppe le tube digestif dans la cavité du ventre.
Enfin, pour rechercher des métastases éventuelles du cancer, il est indispensable de réaliser un scanner du thorax pour le poumon, ou une scintigraphie osseuse pour une localisation osseuse.
Au terme de cette procédure, il est possible de localiser le cancer du pancréas et de déterminer son niveau d’extension : métastasé le plus souvent (deux tiers des cas, localement évolué mais non métastatique dans 25 % des cas ou localisé et opérable d’emblée dans 15 % des cas. C’est cette dernière forme dont il faut augmenter la proportion.

Quand faut-il consulter en urgence ?

Il est indispensable de consulter rapidement son médecin après une douleur abdominale qui traine dans le temps ou lorsque la jaunisse apparaît. Un diagnostic précoce du cancer du pancréas peut permettre l’instauration plus rapide d’un traitement et par conséquent augmenter les chances de survie et de guérison.

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