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Diabète de type 2 : le traitement permet de réduire le risque cardiovasculaire et la mortalité

Diabète de type 2 : le traitement permet de réduire le risque cardiovasculaire et la mortalité

Publié le 14.11.2016
Diabète de type 2 : le traitement permet de réduire le risque cardiovasculaire et la mortalité
© 123RF-Dmitry Lobanov

Le diabète de type 2 représente 90 % des cas et se manifeste généralement à l'âge adulte chez des personnes de plus de 40 ans en surpoids. Le DT2 se caractérise par un taux de sucre trop élevé dans le sang. Un bon équilibre alimentaire et une activité physique régulière, avec un amaigrissement peuvent empêcher la maladie d’évoluer et font partie du traitement, au même titre que les médicaments qui ont désormais démontré leur capacité à réduire le risque cardiovasculaire et la mortalité.

 

Diabète de type 2 : COMPRENDRE

Des mots pour les maux

Le diabète de type 2 est aussi appelé diabète non insulino-dépendant (DNID) ou encore diabète gras ou de la maturité. Il est caractérisé par un excès de sucre dans le sang ou hyperglycémie.

Qu'est-ce que le diabète de type 2 ?

Le diabète est défini par un taux de sucre anormalement élevé dans le sang. Pour affirmer le diagnostic, ce taux, ou glycémie, doit être supérieur à 1,26 g/l à jeun, lors de deux prises de sang à quelques semaines d’intervalle.
Le diabète de type 2, ou diabète non insulinodépendant, ou diabète gras, apparaît classiquement à l’âge adulte, chez des personnes présentant un léger embonpoint et ayant souvent des diabétiques dans leur famille. En France, 90 % des diabétiques sont concernés par cette maladie insidieuse.
Dans le diabète de type 2, l’augmentation de la glycémie est due à une mauvaise régulation du sucre dans l’organisme par l’insuline. Cette maladie résulte en fait de l’interaction de deux mécanismes : tout d’abord, un mauvais fonctionnement, probablement génétique, des cellules du pancréas, les cellules bêta, qui fabriquent l’insuline. Ces cellules ne sont pas détruites comme dans le diabète de type 1, mais elles fonctionnent mal et ne s’adaptent pas aux conditions auxquelles elles sont soumises.
Le deuxième mécanisme est la résistance des cellules à l’insuline, ou insulinorésistance, c’est-à-dire que l’insuline peine à faire entrer le sucre dans les cellules pour leur apporter leur énergie. La production de cette hormone augmente pour essayer de « forcer » l’entrée du sucre dans les cellules afin de maintenir une glycémie normale. Lorsque cette première mesure ne suffit plus, le pancréas s’épuise et le sucre s’accumule dans le sang. Cette résistance à l’insuline apparaît normalement avec le vieillissement, mais elle est surtout provoquée par de mauvaises conditions hygiéno-diététiques : l’excès calorique et la sédentarité. Si le muscle ne travaille pas ou si les réserves en graisses sont très importantes et utilisées préférentiellement comme dans l’obésité, les cellules deviennent moins sensibles à l’insuline.

Comment se manifeste-t-il ?

Certains signes peuvent attirer l’attention, comme une envie d’uriner plus fréquente d’apparition récente, avec l’obligation de se lever la nuit, une soif anormale, jour et nuit, ou le développement d’une mycose génitale avec rougeurs et démangeaisons. Le sucre abîme les plus petites artères du corps humain, entraînant des atteintes des yeux, des reins et des nerfs, notamment ceux des jambes. Mais il s’attaque également aux artères plus grosses et, avec l’aide de ses complices, tabac, hypertension artérielle et cholestérol, il provoque l'artérite des membres inférieurs et la maladie coronarienne pouvant aller jusqu’à l’infarctus.
Aujourd’hui plus de 500 000 Français sont diabétiques sans le savoir ! Pendant des années, cette maladie reste « silencieuse », sans aucun symptôme. Résultat : le diagnostic est souvent établi avec cinq ou dix ans de retard. Mais l’excès de sucre a déjà provoqué de graves dégâts : lésions au niveau des yeux, des reins, des nerfs, du cœur et des jambes — nécessitant parfois une amputation. Ainsi, cette maladie est la première cause de cécité en France : 5000 diabétiques perdent la vue chaque année. Il faut donc dépister cette maladie le plus tôt possible par un dosage de la glycémie à jeun.

Qui doit se faire dépister ?

Il faut se faire dépister dès quarante ans, puis tous les cinq ans, si un des parents directs (parents, frères et sœurs, oncles et tantes, grands-parents) est diabétique, en cas de surpoids important, surtout sur le ventre, d'hypertension, d'excès de cholestérol et/ou de triglycérides dans le sang ou d'accouchement d’un gros bébé (de plus de 4 kilos) ou de diabète durant la grossesse ou lors de la prise de certains médicaments comme les corticoïdes.

Quels sont les risques associés ?

Diabète, tabac, excès de mauvaises graisses dans le sang, surpoids abdominal, tension artérielle trop élevée, manque d’exercice physique, stress, alimentation pauvre en fruits et légumes et consommation excessive d’alcool… 9 facteurs qui se potentialisent pour fragiliser les artères et le cœur.
Si certains éléments de risque ne sont pas modifiables, comme l’âge, le sexe ou l’hérédité, il est en revanche possible d’agir par des mesures simples sur les autres. Chacun peut donc être maître de la santé de son cœur ! Les scientifiques ont montré les bénéfices de mesures simples pour réduire le risque global de maladies cardiovasculaires, première cause de mortalité dans les pays industrialisés. L’arrêt du tabac, une alimentation pauvre en graisses et riche en fruits et légumes, 30 à 40 minutes d’activité physique trois à quatre fois par semaine, moins de deux verres de vin par jour font baisser votre risque de près de 90 % ! Ainsi, la prise en charge actuelle du diabète de type 2 ne se résume pas à normaliser le taux de sucre dans le sang, elle s’accompagne du dépistage et du traitement de tous les autres facteurs, qui, conjointement au diabète, abîment les artères. Un exemple, la simple correction de mauvaises habitudes alimentaires peut faire perdre du poids et réduire le taux de sucre dans le sang, pouvant parfois permettre une réduction du traitement médicamenteux du diabète.

Qu'est-ce que le syndrome métabolique ?

Le syndrome métabolique est caractérisé par le regroupement des facteurs suivants :

- une obésité androïde, surpoids avec accumulation des graisses au niveau abdominal ;

- un bilan des graisses du sang perturbé, avec un taux bas de « bon » cholestérol (HDL-cholestérol) et un taux élevé de triglycérides ;

- une tension artérielle trop élevée ;

- un diabète de type 2.

Ce syndrome induit un risque cardiovasculaire global particulièrement augmenté. Il est de plus en plus fréquent dans les pays occidentaux (une personne sur quatre aux Etats-Unis) et il est associé à un risque de décès prématuré. Souvent méconnu par les malades, parfois même par les médecins, il peut pourtant être traité efficacement pour prévenir les complications qui mettent la vie en jeu.
Les personnes à risque sont celles qui mènent une vie très sédentaire, qui ont un surpoids abdominal (tour de taille chez l’homme > 102 cm et chez la femme > 88 cm). Le mécanisme initial de ce syndrome est l’insulinorésistance. Or, un surpoids de 35 à 40 % par rapport au poids normal correspond à une diminution de la sensibilité des cellules à l’insuline de près de 40 %.

Quelques mesures simples permettent de dépister le syndrome métabolique :

- prise de tension artérielle ;

- mesure de tour de taille ;

- glycémie à jeun ;

- bilan lipidique.

Quel est le rôle du sucre dans le sang ?

Les glucides dans l’alimentation existent sous des formes très différentes. Le sucre est présent sous forme d’une seule molécule (comme le fructose dans les fruits), de deux molécules (le lactose dans le lait, le saccharose dans le sucre en morceaux) ou enchaînées à plusieurs dizaines ou centaines de molécules (amidon des pommes de terre, pain).
Lorsque l’on mange des glucides, les sucres qu’ils contiennent sont digérés dans le tube digestif. Le but étant de découper les chaînes d’hydrates de carbone et de les transformer pour qu’il ne reste plus que des molécules simples : le glucose. C’est sous cette forme uniquement que l’organisme est capable d’utiliser le sucre. Ensuite dans l’intestin, le glucose est absorbé et mis en circulation dans le sang.
Le glucose joue un vrai rôle de carburant pour les cellules. C’est grâce à sa combustion que les cellules obtiennent l’énergie nécessaire à leur survie, et à leur fonctionnement. Telle une gigantesque pompe à essence, les vaisseaux sanguins acheminent le glucose vers toutes les cellules du corps.
Si l’alimentation est la source principale d’approvisionnement en sucre de l’organisme, il existe une certaine autonomie du corps. Quand le sang s’appauvrit en sucre, le foie prend la relève : il peut stocker et fabriquer du sucre. Cet organe est capable de concentrer le glucose en fabriquant des chaînes appelées glycogène. Au moindre signe, le foie libère du glucose pour que les cellules puissent fonctionner normalement.

Pourquoi le taux de sucre varie-t-il ?

La vie ne tient qu’à un morceau de sucre ! En effet, dans un organisme normal, contenant 5 litres de sang, le taux de sucre est d’environ 1 g/l (gramme par litre de sang). Soit 5 grammes… l’équivalent d’un morceau de sucre dans le sang !
Pourtant, lorsqu’il mange, un individu peut absorber plusieurs dizaines de grammes de glucides. La digestion provoque une brève augmentation du taux de sucre dans le sang : c’est le pic glycémique observé après chaque repas. Le taux de sucre, ou glycémie, se normalise rapidement grâce à l’insuline. Cette hormone se charge de faire rentrer le sucre dans les cellules pour faire diminuer la concentration sanguine.
Chez une personne en bonne santé, la glycémie à jeun se situe autour de 0,8 g/l, et autour de 1,30 g/l après les repas. La glycémie est donc régulée tout au long de la journée pour ne pas être anormalement faible ou élevée. Une hyperglycémie est une élévation anormale du taux de glucose dans le sang. A jeun, si elle est comprise entre 1,10 g/l et 1,26 g/l, c’est une hyperglycémie modérée. On commence à parler de diabète à partir de 1,26 g/l. Comprise entre 1,80 g/l et 2 g/l, c’est une hyperglycémie très importante. Elle peut atteindre 3 g/l et même plus, et peut alors entraîner un coma mortel. L’hypoglycémie correspond à une baisse de la glycémie en dessous des valeurs normales. Elle est souvent à l’origine de malaises. Quand l’alimentation apporte trop de glucides, il y a trop de glucose qui circule dans les vaisseaux sanguins. Si les cellules ne consomment pas assez d’énergie (sédentarité), l’organisme va le stocker. Dans le foie, tout d’abord, pour constituer des réserves en glycogène et pallier un manque de sucre futur. Dans les muscles ensuite, puis dans le tissu adipeux, sous forme de graisse… facteur d’obésité.

Qu'est-ce que l'index glycémique ?

L’index glycémique d’un aliment est sa capacité à faire monter le taux de sucre dans le sang après son ingestion. Pour le mesurer, on donne par exemple à un individu en bonne santé une certaine quantité de lentilles à manger. Toutes les 30 minutes, pendant trois heures, le taux de sucre dans le sang est mesuré. On obtient une courbe qui illustre l’index glycémique des lentilles. L’index glycémique (IG) maximum est 100, pour le glucose. L’index glycémique d’un aliment est d’autant plus élevé que le pic glycémique induit après l’avoir mangé est grand. Par exemple, la baguette de pain a le score le plus élevé : IG = 95.
Les glucides sont classiquement répartis en deux catégories : les sucres rapides (fruits, sucre en morceaux, boissons sucrées) correspondent à des index glycémiques élevés, et les sucres lents (riz, lentilles) qui correspondent à des index glycémiques bas.

Qu'est-ce que l'insuline ?

L’insuline est une molécule fabriquée naturellement dans l’organisme. Elle a pour fonction essentielle d’empêcher que la glycémie ne monte trop et de la faire baisser quand elle a tendance à s’élever : c’est une hormone hypoglycémiante. Elle se charge de faire rentrer le sucre dans les cellules pour en diminuer la concentration sanguine.
Dans un organisme normal, il y a en permanence une toute petite quantité d’insuline sécrétée 24 heures sur 24. Au moment où l’on mange des glucides (fruits, sucre, pâtes, riz), la glycémie a tendance à s’élever et la sécrétion d’insuline augmente immédiatement. Elle est fabriquée par des cellules spéciales du pancréas regroupées en amas : les îlots de Langherans. Elle se fixe à des récepteurs sur la membrane des cellules du foie, des muscles et du tissu graisseux, et permet ainsi de faire pénétrer le sucre dans les cellules.
Le pancréas est une glande qui participe activement à la digestion. Il se situe en dessous de l’estomac. A peine plus grand qu’une langue, le pancréas a deux fonctions vitales pour l’organisme. La première fonction -exocrine- est de fabriquer et de déverser des enzymes de digestion dans une partie du tube digestif appelée duodénum. La seconde fonction -endocrine- est de secréter des hormones dans le sang : l’insuline et le glucagon.
La régulation de la sécrétion d’insuline est directe : quand survient une hyperglycémie, c’est-à-dire quand le taux de sucre dans le sang augmente, la stimulation de sa synthèse est immédiate, sans intermédiaire.

 

© Inserm/Piccand, Julie
Serimedis.inserm.fr

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