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Méningites : les maux de têtes accompagnés de fièvre sont une urgence

Méningites : les maux de têtes accompagnés de fièvre sont une urgence

Publié le 26.08.2016
Méningites : les maux de têtes accompagnés de fièvre sont une urgence
©123RF-akz

Une « méningite » aiguë est une inflammation aiguë des « méninges », les membranes qui entourent et protègent le cerveau et la moelle épinière. Le plus souvent, cette inflammation est secondaire à une infection par un virus ou par une bactérie. Dans ce derniers cas, il y a un risque majeur et c’est une urgence.

 

Méningites : COMPRENDRE

Des mots pour les maux
Les « méninges » sont constituées de trois membranes qui sont destinées à protéger le système nerveux central (cerveau, cervelet, tronc cérébral et moelle épinière). Deux (« arachnoïde » et « pie-mère ») peuvent être atteintes au cours de la méningite. Un liquide, le « liquide céphalorachidien » ou « LCR », circule au sein de ces méninges et il est susceptible d’être infecté et de diffuser l’infection.

Qu'est-ce qu’une méningite ?

Une méningite est une inflammation des méninges, les enveloppes du cerveau et de la moelle épinière. Il existe plusieurs méninges qui peuvent être infectées (« arachnoïde » et « pie-mère »), entre lesquelles circule le liquide céphalorachidien (ou liquide « cérébrospinal »), lui-aussi susceptible de s’infecter et de diffuser l’infection.
Une méningite est le plus souvent en rapport avec une infection de ces enveloppes par un virus ou par une bactérie, plus rarement un champignon ou un parasite. Certaines maladies cancéreuses peuvent donner une inflammation réactionnelle.
Les méningites peuvent survenir à tout âge, mais elles touchent plus particulièrement les enfants et les adolescents.
Les méningites sont plus graves chez le nourrisson ou l'enfant, le sujet âgé, en cas de maladie associée (alcoolisme, diabète, cancer, infection au VIH, maladies sous-jacentes susceptibles de se décompenser...), en cas de maladie contactée à l’hôpital (« méningite nosocomiale »), surtout si le diagnostic est porté tardivement.

Quels sont les signes de la méningite ?

Chez l’adulte et le grand enfant, une méningite se traduit le plus souvent par une association de signes que l’on appelle « syndrome méningé ».
Celui-ci associe le plus souvent : de violents maux de tête (« céphalées »), une raideur de la nuque, une forte fièvre, une intolérance à la lumière (« photophobie ») et des nausées ou des vomissements.
• Les céphalées sont le signe le plus évocateur, le plus constant et le plus précoce de méningite : intenses, diffuses (elles prédominent parfois en région frontale), violentes, continues avec des paroxysmes, « insomniantes », exagérées par le bruit et la lumière, les mouvements et l'examen du médecin, et non calmées par les antidouleurs (« antalgiques ») habituels.
Elles s'accompagnent de douleurs de la colonne vertébrale (« rachialgies ») et d'une hypersensibilité (« hyperesthésie ») diffuse de la peau.
• La raideur de nuque est une contracture de défense des muscles de la nuque et du dos en rapport avec la douleur secondaire à l'inflammation des méninges. Elle est douloureuse et permanente, et est parfois évidente : attitude particulière en « chien de fusil » (dos tourné à la lumière, tête en arrière, membres demi-fléchis). Toute tentative de la flexion progressive de la tête entraîne une résistance invincible et douloureuse (raideur de nuque), avec flexion involontaire des membres inférieurs à la flexion forcée de la nuque.
• Les vomissements sont plus inconstants, mais ils sont précoces, faciles, « en jets », sans rapport avec les repas et souvent provoqués par les changements de position.
Peuvent apparaître également une somnolence, une confusion mentale, voire des troubles de la conscience, ainsi que des signes neurologiques localisés (paralysies oculaires) et des convulsions. Ces signes doivent faire évoquer une méningite bactérienne ou une atteinte infectieuse associée du cerveau (« méningo-encéphalite »).
Chez les nourrissons, outre la fièvre, les signes de méningite sont le plus souvent des pleurs incessants, de l’irritabilité et une somnolence alternant avec une forte agitation. La fontanelle peut également être bombée.
Certaines méningites bactériennes à méningocoque peuvent se traduire très rapidement par des signes d’infection généralisée (« septicémie » ou « méningococcémie aiguë »). C’est le cas lors d’une infection à méningocoque où peut apparaître un « purpura fulminans » d’évolution très rapide et gravissime, avec des lésions hémorragiques sous la peau. En cas d’apparition n’importe où sur la peau de taches hémorragiques (taches étoilées rouge vif) ou de bleus (ou « ecchymoses »), ne disparaissant pas à la pression du doigt), il peut s’agir d’un purpura qui doit faire appeler les secours en extrême urgence. Les endotoxines libérées au cours de la lyse bactérienne entraînent des nécroses tissulaires et le « choc septique » (baisse de pression artérielle) provoque des « coagulations intravasculaires » et engage souvent le pronostic vital.
Des manifestations plus inhabituelles de l’infection à méningocoque peuvent être observées : infections articulaires (« arthrites septiques »), cardiaque (« péricardites »), pulmonaires (« broncho-pneumopathies aiguës ») qui atteindraient plus fréquemment les personnes immunodéprimées ou âgées de plus de 70 ans.

Quelles sont les causes de la méningite ?

Les méningites virales aiguës sont les plus fréquentes (70 à 80 % des cas). Elles sont généralement bénignes chez la personne non immunodéprimée et sont généralement liées à des infections par des virus très répandus (virus Coxsackie dans 80 % des cas, écho virus...). Dans ce type de méningite, le « syndrome méningé » (céphalées, photophobie et vomissements) est dominant et l’état général de la personne n’est pas altéré. La guérison survient en cinq à dix jours, mais des maux de tête peuvent persister plusieurs semaines.
Un syndrome méningé peut aussi être présent dans d'autres maladies virales comme la varicelle, le zona, la rougeole, les oreillons, un herpès ou une infection à VIH.
Les méningites bactériennes aiguës sont moins fréquentes que les méningites virales, mais elles mettent la vie du malade en danger. Elles nécessitent une prise en charge médicale urgente.
Elles peuvent survenir à la suite d’une rhinopharyngite banale ou après contamination au contact d’une personne malade. Plusieurs bactéries peuvent être à l’origine de méningites.
• Le pneumocoque survient plutôt chez les personnes adultes immunodéprimées (ablation de la rate, alcoolisme chronique, immunosuppression) ou à la suite d’un traumatisme crânien.
• Le méningocoque est un germe présent dans la gorge et qui, en se multipliant, est susceptible de provoquer environ un quart des cas de méningite bactérienne en France.
• Le streptocoque du groupe B (responsables de près de 70 à 80 % des méningites du nourrisson).
• Une infection à listéria est surtout crainte chez la femme enceinte, la personne âgée ou immunodéprimée, et chez l’alcoolique chronique.
• Chez l’enfant de moins de 5 ans surtout, la méningite bactérienne peut aussi être due à l’Haemophilus influenzae ou à l’Escherichia coli (ou E. coli).
Enfin, il existe des méningites chroniques beaucoup plus rares, qui persistent plus d’un mois, et sont causées par des maladies inflammatoires ou cancéreuses, ou par des pathologies infectieuses survenant chez des personnes immunodéprimées (tuberculose, champignons type Candida albicans ou Cryptocoque…).

Quels sont les facteurs susceptibles de favoriser une méningite ?

La plupart des méningites sont contractées dans les conditions de vie courantes, sans lien avec une hospitalisation ou un acte médical. On parle alors de « méningites communautaires » et les nourrissons, enfants, adolescents, jeunes adultes, personnes âgées et immunodéprimées sont les plus souvent atteintes. Le fait de vivre dans une collectivité fermée, et surtout le fait d’être en contact avec une personne atteinte de méningite, sont des facteurs favorisant la survenue de la maladie. Chez certaines personnes, l’infection est contractée lors d’une hospitalisation. On la qualifie alors de « méningite nosocomiale ». Une méningite peut survenir par exemple après une intervention neurochirurgicale ou ORL
Certaines personnes ont un risque plus élevé de souffrir d’une méningite : les nourrissons de moins de deux ans, les adolescents et les jeunes adultes jusqu’à l’âge de 24 ans, les personnes âgées, les personnes vivant dans une collectivité fermée (pensionnat, caserne, crèche à plein temps), les personnes dont le système immunitaire est affaibli (personnes prenant un médicament immunosuppresseur, personnes infectées par le VIH/sida, diabétiques...), les personnes en contact avec une personne atteinte de méningite, les personnes séjournant dans une région où les épidémies de méningites sont fréquentes.

Quelles sont les complications de la méningite ?

• En l’absence de déficit immunitaire, les personnes atteintes de méningite aiguë virale guérissent rapidement et sans traitement spécifique.
• En cas de méningite aiguë bactérienne, la prise d’antibiotiques doit intervenir au plus vite, afin d’assurer la guérison et d’éviter toute séquelle.
Des complications peuvent néanmoins apparaître comme un abcès du cerveau  (amas de pus collecté dans une cavité fermée ou « empyème ») qui peut survenir en quelques jours, y compris après le début des soins si ceux-ci ont été un peu tardifs, ou en cas de résistance des germes au médicament prescrit, ou une hydrocéphalie, qui consiste en une augmentation de pression du liquide céphalorachidien, risquant d’aboutir à une dilatation des cavités du cerveau.
La septicémie méningococcique est une forme plus rare mais plus grave (souvent mortelle) de d’infection à méningocoque, qui se caractérise par une éruption hémorragique sur la peau (« purpura » et « ecchymose ») et un collapsus circulatoire rapide) chute de pression artérielle.
• Une récidive de la méningite à Streptococcus pneumoniae est possible en cas de lésion anatomique (par exemple, après un traumatisme crânien ou une chirurgie touchant la lame criblée de l’ethmoïde), constituant une « porte d’entrée » pour les germes. Relativement rare, elle se déclare dans les semaines suivant le début du traitement.
• Les méningites bactériennes peuvent laisser des séquelles, surtout lorsqu'elles surviennent chez l’enfant.
La méningite à méningocoque peut entraîner des lésions cérébrales, une perte auditive ou des troubles de l’apprentissage chez 10 à 20 % des survivants.
Une hydrocéphalie par cloisonnement des espaces méningés (« feutrage arachnoïdien ») peut survenir dans les suites tardives d’une méningite tuberculeuse.

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