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Dépistage

Ce trouble du sommeil aggrave la santé mentale en vieillissant

Une étude canadienne réalisée sur 30.000 personnes montre qu'un risque élevé d'apnée du sommeil augmente les troubles de santé mentale chez les plus de 45 ans. Un dépistage précoce pourrait changer la donne.

Ce trouble du sommeil aggrave la santé mentale en vieillissant Visions / istock




L'ESSENTIEL
  • Un risque élevé d'apnée du sommeil est lié à une dégradation de la santé mentale.
  • L'effet persiste dans le temps, même chez les personnes initialement sans symptômes.
  • Un dépistage précoce pourrait changer la donne.

Sommeil troublé, esprit en danger. Une vaste étude canadienne vient de mettre en lumière un lien alarmant entre le risque d'apnée du sommeil obstructive (SAOS) et la mauvaise santé mentale chez les adultes de 45 à 85 ans. Publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), cette recherche montre que les personnes à risque élevé de SAOS ont significativement plus de chances de souffrir de troubles psychiques, aujourd'hui et dans le futur.

Un impact mental qui se renforce dans le temps

Selon les auteurs, 936 millions d'adultes à travers le monde seraient touchés par la SAOS, dont 90 % sans diagnostic. Pour combler ce vide, les chercheurs ont exploité les données d'une étude longitudinale canadienne sur le vieillissement (CLSA), portant sur plus de 30.000 adultes. Le questionnaire STOP, un outil standard, a permis d'évaluer le risque de SAOS via quatre symptômes : ronflements, somnolence diurne, apnées du sommeil et hypertension artérielle. Un score à partir de 2 indiquait un risque élevé.

Résultat : près d'un quart des participants (23,5 %) étaient à risque de SAOS au départ, un chiffre qui monte à 27 % trois ans plus tard. Parallèlement, plus de 30 % souffraient de mauvaise santé mentale, définie par la présence d'au moins un critère parmi les suivants : dépression, détresse psychologique, diagnostic médical ou prise d'antidépresseurs.

Après ajustement avec d’autres variables (mode de vie, maladies chroniques, données socio-démographiques), les chercheurs ont constaté que les personnes à haut risque de SAOS avaient environ 40 % de probabilité en plus de connaître des troubles mentaux, à la fois au début et à la fin de l'étude. Plus frappant encore : parmi ceux qui ne présentaient aucun symptôme au départ, le risque de développer une mauvaise santé mentale augmentait de 20 % si un risque élevé de SAOS était détecté.

Mieux dépister pour mieux protéger

Les analyses statistiques, réalisées en octobre 2024, ont confirmé l'association à long terme : une personne à risque de SAOS avait 44 % plus de chances de connaître une dégradation mentale au fil du temps. A noter que ces résultats se maintiennent même lorsqu'on ne considère que les apnées observées ou chaque symptôme mental séparément.

Pour les auteurs de l’étude, ces données doivent servir de base à des programmes de dépistage et d'intervention : "Nos résultats comblent un vide scientifique sur le lien entre risque élevé de SAOS et santé mentale, et fournissent des informations précieuses pour développer des stratégies de prévention", concluent-ils dans un communiqué.

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