- Des chercheurs rappellent que les adultes bénéficient du jeu autant que les enfants.
- Le jeu favorise la résilience, l’équilibre émotionnel et les liens sociaux.
- Il existerait même "un mécanisme neurobiologique potentiel reliant l’esprit ludique à la santé cognitive chez les personnes âgées".
"Quelque part sur le chemin vers l’âge adulte, le temps de jouer s’efface." Pour Scott Duncan et Melody Smith, professeurs en sciences de la santé, respectivement à l’Auckland University of Technology et à l’University of Auckland en Nouvelle-Zélande, le constat est clair : à mesure que nous grandissons, "nous échangeons la fantaisie et l’imagination contre le sérieux et l’agitation".
Pourtant, expliquent-ils dans un article publié dans The Conversation, "il existe des preuves claires que les adultes bénéficient de l’esprit ludique tout autant que les enfants". Ceux qui pratiquent des activités ludiques "gèrent mieux le stress", "ressentent davantage d’émotions positives", "font preuve d’une plus grande résilience" et rapportent "un niveau de satisfaction de vie plus élevé".
Esprit ludique et santé cognitive
A l’âge adulte, le jeu "concerne moins les jouets ou les jeux que la manière dont nous abordons les expériences du quotidien". Il peut ainsi être "physique, social, créatif ou imaginaire" : mouvement, musique, humour, narration, résolution de problèmes ou simplement faire quelque chose "pour le simple plaisir". Ce qui compte, selon les chercheurs, c’est "l’état d’esprit qui le sous-tend : curiosité, ouverture et volonté de s’engager sans objectif prédéfini".
Une étude récente évoque même "un mécanisme neurobiologique potentiel reliant l’esprit ludique à la santé cognitive chez les personnes âgées". Etre "joueur" permettrait notamment de "sortir de la pression et de la performance" et soutient "la régulation du stress", "l’équilibre émotionnel" et "la qualité de vie tout au long de l’âge adulte".
Quoi d’autre ? Sur le plan social, les adultes joueurs présentent "une intelligence émotionnelle plus élevée" et sont décrits comme "plus empathiques, réciproques et positifs". Lorsque adultes et enfants jouent ensemble, "les différences d’âge, de rôle et de statut tendent à s’estomper", et cela peut "renforcer les relations, soutenir le bien-être et réduire les stéréotypes liés à l’âge".
Repenser nos villes et nos normes sociales
Mais si "le jeu compte tout au long de la vie", encore faut-il des environnements adaptés. Les recherches en urbanisme suggèrent que les espaces les plus efficaces sont ceux qui n’annoncent pas explicitement le jeu, mais "intègrent des possibilités ludiques dans les environnements du quotidien" : marches surdimensionnées, assises interactives, chemins sinueux ou balançoires musicales pour adultes.
Les normes sociales jouent aussi un rôle clé : lorsque le jeu est perçu comme "embarrassant" ou "quelque chose dont il faudrait s’excuser", il tend à disparaître. A l’inverse, lorsqu’il devient visible et banal, il s’installe. "Repenser le jeu comme une dimension légitime de la vie adulte ouvre de nouvelles façons de penser le bien-être tout au long de la vie", concluent les chercheurs.


