- Une revue remet en question l’efficacité de l’exercice contre l’arthrose.
- Les bénéfices sur la douleur et la fonction seraient faibles et de courte durée.
- L’activité physique a néanmoins d’autres bénéfices pour la santé générale.
La thérapie par l’exercice, recommandée depuis des années comme traitement de première intention, pourrait bien ne pas soulager autant qu’on le croyait les personnes souffrant d’arthrose. C’est du moins la conclusion d’une vaste recherche menée par une équipe de scientifiques européens et publiée dans la revue RMD Open.
Afin d’évaluer l’efficacité réelle de l’activité physique sur la douleur et la fonction physique, les chercheurs ont passé au crible les bases de données scientifiques jusqu’en novembre 2025. L’équipe a retenu une série d’études scientifiques (8.631 participants) et d’essais cliniques randomisés (4.360 participants) portant sur l’arthrose du genou, de la hanche, de la main et de la cheville.
Arthrose et exercice : des bénéfices modestes
Résultat : dans l’arthrose du genou, l’exercice est associé à des effets faibles et de courte durée sur la douleur par rapport à un placebo ou à l’absence de traitement, avec un niveau de preuve jugé "très faible", selon un communiqué. D’autres essais, plus vastes et avec un suivi prolongé, montrent même des effets encore plus réduits.
De même, que ce soit pour la hanche ou pour la main, les données suggèrent des effets modestes, comparables à l’éducation thérapeutique, à la thérapie manuelle, aux antalgiques, aux injections de corticoïdes ou d’acide hyaluronique, voire à l’arthroscopie du genou. Certaines études isolées montrent même que l’exercice serait moins efficace à long terme que l’ostéotomie (chirurgie de remodelage osseux) ou la pose d’une prothèse articulaire.

10 millions de Français souffrent de maladies rhumatismales
Les chercheurs concluent : "Nos preuves concernant l’exercice dans l’arthrose suggèrent des effets négligeables ou, au mieux, faibles et de courte durée sur la douleur et la fonction". Selon eux, la thérapie par l’exercice ne devrait pas être "le pilier unique du traitement de première intention".
Pour autant, l’activité physique conserve d’autres bénéfices pour la santé générale. Et elle fait toujours partie des recommandations officielles pour soulager les maladies rhumatismales (dont l’arthrose), dont souffrent près de dix millions de personnes en France. "Dans les rhumatismes inflammatoires chroniques, la pratique d’une activité physique diminue la douleur et la raideur matinale, améliore le bien-être psychologique, permet de lutter contre la perte musculaire et contre la fatigue", expliquait récemment à Fréquence Médicale la Dre Lisa Bialé, cheffe du service de rhumatologie à l’Hôpital d’Instruction des Armées Bégin à Saint-Mandé (94).


