- Selon une nouvelle étude, stimuler son cerveau toute sa vie serait associé à un risque plus faible de développer la maladie d’Alzheimer.
- Parmi les activités citées par les auteurs, il y a la lecture, l’écriture, l’apprentissage d’une langue ou encore les visites de musées.
- D’après les observations des chercheurs, les personnes les plus stimulées cognitivement auraient développé Alzheimer cinq ans plus tard.
Le cerveau est un muscle, qu’il faut entretenir ! Selon une nouvelle étude publiée dans la revue Neurology, avoir des activités intellectuelles stimulantes tout au long de sa vie serait associé à un risque plus faible de développer la maladie d’Alzheimer.
En fonction des âges, les différents critères de la stimulation intellectuelle
Lors de leurs travaux, les chercheurs ont suivi 1.939 personnes pendant environ huit ans. Celles-ci étaient âgées en moyenne de 80 ans et n’avaient pas reçu de diagnostic de démence au début de l’étude. Pour évaluer l’activité intellectuelle des participants, les chercheurs leur ont demandé de répondre à des questionnaires concernant trois périodes de leur vie : enfance, âge adulte moyen et vieillesse. “Notre étude a examiné l'enrichissement cognitif de l'enfance jusqu’à l'âge adulte, en se concentrant sur les activités et les ressources qui stimulent l'esprit, explique Andrea Zammit, l’un des auteurs, dans un communiqué. Nos résultats suggèrent que la santé cognitive à un âge avancé est fortement influencée par une exposition tout au long de la vie à des environnements intellectuellement stimulants.”
La stimulation intellectuelle était mesurée en fonction de différents critères, qui n’étaient pas les mêmes à tous les moments de la vie :
- Enfance : lectures à voix haute, accès à des journaux, des livres ou à des atlas, apprentissage d’une langue étrangère pendant plus de cinq ans.
- À l’âge adulte mûr : niveau de revenu à 40 ans, ressources intellectuelles du foyer (abonnements à des magazines, présence de dictionnaires et possession de cartes de bibliothèque), fréquence d’activités comme les visites au musée ou à la bibliothèque.
- À partir de 80 ans : fréquence de la lecture, de l'écriture et des jeux, revenus de la personne (Sécurité sociale, retraite ou autres sources).
Un diagnostic d’Alzheimer repoussé de 5 ans
Au cours de l'étude, 551 participants ont développé la maladie d'Alzheimer et 719 un trouble cognitif léger. Les chercheurs ont comparé les 10 % des participants ayant bénéficié du plus haut niveau d'enrichissement cognitif aux 10 % ayant le niveau le plus faible. Parmi les premiers, 21 % ont développé la maladie d'Alzheimer au cours de l’étude, contre 34 % chez les autres. Les scientifiques ont ensuite calculé que la réduction des risques pour les plus stimulés intellectuellement : - 38 % de développer la maladie d’Alzheimer et - 36 % un trouble cognitif léger, comparativement aux 10 % ayant eu les vies les moins riches intellectuellement.
En termes d’années, cela s’est traduit par un diagnostic de la maladie d’Alzheimer arrivé cinq ans plus tard, et sept ans plus tard pour les troubles cognitifs légers. Autrement dit, les 10 % ayant bénéficié du plus haut niveau d'enrichissement cognitif ont développé la maladie d’Alzheimer à un âge moyen de 94 ans, contre 88 ans pour les autres. Pour les troubles cognitifs légers, les âges étaient de 85 ans contre 78 ans.
“Nos résultats sont encourageants et suggèrent que la pratique régulière d'activités intellectuellement stimulantes tout au long de la vie peut avoir un impact sur les fonctions cognitives, souligne Andrea Zammit. Des investissements publics visant à élargir l'accès à des environnements enrichissants, comme les bibliothèques et les programmes d'éducation préscolaire conçus pour susciter le goût d'apprendre tout au long de la vie, pourraient contribuer à réduire l'incidence de la démence.” En 2021, 57 millions de personnes dans le monde étaient atteintes de démence, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et près de 10 millions de nouveaux cas sont identifiés chaque année.



