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QUESTION D'ACTU

Nutrition

Que mangent vraiment les athlètes aux JO d’hiver 2026 ?

Aux Jeux olympiques d’hiver 2026, la performance se joue aussi dans l’assiette. Entre glucides, régimes spéciaux et "nutrition ennuyeuse", quel est le rôle de l’alimentation pour les athlètes ?

Que mangent vraiment les athlètes aux JO d’hiver 2026 ? destillat / istock




L'ESSENTIEL
  • L’alimentation est un levier stratégique aux JO d’hiver.
  • Les glucides restent essentiels à la performance.
  • Ils constituent la principale source d’énergie rapidement mobilisable par les muscles.

Derrière les temps et les médailles, une autre compétition se joue dans les coulisses : celle de l’assiette. Aux Jeux olympiques d’hiver 2026 en Italie, plus de 10.000 repas sont préparés chaque jour pour nourrir les athlètes. Mais que trouvent-ils vraiment dans leur assiette, et en quoi la nutrition peut-elle faire la différence une fois sur la neige ?

La nourriture comme énergie et langage universel

Au cœur de l’expérience des sportifs, la nourriture s’avère être un carburant crucial. Selon l’organisation des Jeux, le seul village olympique de Milan sert environ 3.000 œufs et 450 kilos de pâtes par jour. Les cantines ouvertes 24 heures sur 24 proposent des menus adaptés : riches en protéines pour les fondeurs (ski de fond), plus légers pour les bobeurs (bobsleigh), mais aussi sans gluten, végétaliens ou encore respectant les traditions religieuses, précise le ministère italien des Infrastructures et des Transports. "La nourriture comme énergie, mais aussi comme langage universel et levier d’inclusion", peut-on lire dans un communiqué. "Ceux qui arrivent de l’autre bout du monde pourront manger comme s’ils étaient chez eux, sans compromettre leur préparation ni leur récupération."

Pour Olivia Morgan, diététicienne du sport à Mass General Brigham (Etats-Unis), interrogée par Euronews Health, "les gens ne réalisent pas de combien leur corps a besoin". L’enjeu ? Adapter précisément les apports énergétiques à l’intensité des efforts, malgré les voyages, le décalage horaire et le stress. Elle insiste sur la régularité : "S’assurer que nous respectons nos intervalles alimentaires dans la journée et que nous restons sur des aliments que nous aimons et qui fonctionnent bien pour notre corps".

Même exigence pour Kelly Drager, responsable nutrition au Canada Sport Institute Alberta : les disciplines nordiques impliquent des charges d’entraînement parfois supérieures à celles de la compétition. Sans oublier un autre défi à prendre en compte : concourir en pleine saison des virus respiratoires.

"Les glucides sont un peu les rois"

En Italie, pâtes et pizzas occupent une place centrale dans les "stations glucidiques" installées au cœur des restaurants olympiques. "Les glucides sont un peu les rois", affirme Olivia Morgan. Dans les sports d’endurance comme le ski de fond ou le biathlon, ils constituent la principale source d’énergie rapidement mobilisable par les muscles. On associe volontiers performance sportive et protéines, mais "nous ne pouvons pas utiliser toutes ces protéines pour leur fonction prévue", prévient-elle. Sans réserves suffisantes de glycogène – la forme de stockage des glucides –, la fatigue s’installe plus vite et la récupération devient moins efficace, ce qui peut peser lourd dans une compétition où tout se joue à quelques secondes.

Au-delà des macronutriments, la diététicienne défend les bases : cinq portions de fruits et légumes par jour, des repas équilibrés associant glucides, protéines et bonnes graisses, et des horaires réguliers pour stabiliser l’énergie. "C’est une nutrition ennuyeuse ; personne ne veut l’entendre… mais les vraies bases sont dans cet équilibre." Elle rappelle que des carences minimes, répétées sur plusieurs jours, peuvent avoir des effets amplifiés chez des athlètes soumis à des charges extrêmes.

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