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QUESTION D'ACTU

Déclin cognitif

Alzheimer : quels sont les bénéfices de la «doll therapy» ?

Pour améliorer l’état général des personnes souffrant de démence, notamment de la maladie d’Alzheimer, de plus en plus d’hôpitaux et d’Ehpad proposent la thérapie par la poupée. Mais est-elle efficace ? Explications.

Alzheimer : quels sont les bénéfices de la \ RobertoDavid/iStock




L'ESSENTIEL
  • La thérapie par la poupée est une intervention psychosociale, qui consiste à accompagner des personnes souffrant de démence dans leurs interactions avec une poupée thérapeutique.
  • Cette approche, utilisée dans les hôpitaux ou les maisons de retraite, est associée à des changements positifs de leur bien-être et de leur comportement.
  • Cependant, elle est inefficace chez certains patients qui sont indifférents aux poupées.

Italie, États-Unis, Angleterre, Chine, Suisse… Dans plusieurs pays, la "doll therapy", ayant vu le jour à la fin des années 1990 en Suède, est intégrée dans certaines pratiques de soins pour les personnes vivant avec la démence et pratiquée dans des établissements, comme les hôpitaux ou les maisons de retraite. Utilisée depuis plusieurs décennies, selon une étude publiée dans la revue Nursing Reports, cette approche thérapeutique non médicamenteuse consiste à proposer aux adultes présentant un déclin cognitif, notamment de la maladie d’Alzheimer, une poupée dite "réaliste" ou "empathique", comme les bébés reborn, avec laquelle interagir. "Leur taille et leur poids se rapprochent le plus possible de ceux d’un nourrisson, et leur texture douce favorise le toucher et le calinage. Les poupées sont à la disposition des résidents qui n'ont aucune obligation de les prendre", précise les Hôpitaux Champagne du Sud sur Facebook.

Cette intervention psychosociale, au cours de laquelle les patients tiennent, caressent, jouent, nourrissent ou habillent les poupées, fait l’objet de controverses. "Certains arguent qu'elle peut infantiliser les personnes âgées et porter atteinte à leur dignité", peut-on lire sur le site EBSCO, qui apporte des ressources bibliothécaires. Pourtant, plusieurs soignants assurent que la "doll therapy" atténuent certains symptômes comportementaux et psychologiques.

"Doll therapy" : que sait-on de son efficacité chez les patients souffrant de démence ?

D’après le Centre hospitalier universitaire vaudois, les poupées réduisent l’anxiété, l’agitation, l’agressivité, l’errance ou l’apathie (un déficit persistant de la motivation), tout en favorisant le bien-être et un sentiment d'utilité, de responsabilité ainsi que de réconfort. "Certaines personnes atteintes de démence prennent plaisir à tenir ou à jouer avec une poupée ou une peluche, comme un chat ou un chien, ou même simplement à en avoir une à proximité. Cela peut leur rappeler une époque où elles avaient de jeunes enfants ou un animal de compagnie, et susciter d’agréables sentiments de nostalgie ou d’affection, même si elles ne sont pas en mesure de les exprimer", indique l’organisation Dementia UK.

Autre bénéfice : la thérapie par la poupée favorise la communication et la reconnexion au monde extérieur, plus précisément "en suscitant des conversations sur le jouet et les sentiments qu'elle éprouve à son égard." Les poupées peuvent être un moyen d'aider la personne atteinte de démence à créer des liens avec les jeunes membres de la famille, comme ses petits-enfants ou, dans le cas d'une démence précoce, ses propres enfants.

Ces résultats ont également été observés en France. Durant la thérapie, "les personnes âgées ont le sourire. On sent bien qu'elles sont plus calmes, qu'elles déambulent moins et qu'elles crient beaucoup moins pour certaines d'entre elles. Et tous ces effets bénéfiques sans médicaments, c'est vraiment bluffant", a déclaré, à France 3 Bretagne, Karine Deroy, aide-soignante référente de l'unité Alzheimer à l'Ehpad Maison Saint-Michel à Liffré. Interrogée par le journal, Adeline Ginguéné, thérapeute spécialisée dans la "doll therapy", a ajouté que "la technique touchait à la notion de réminiscence, aux souvenirs de la personne âgée. Le faciès et la texture des poupées jouent. Certains seniors se mettent même à raconter des histoires aux poupées."

Les inconvénients de la thérapie par la poupée

Le Centre hospitalier universitaire vaudois signale que cette approche ne fonctionne pas chez tous les patients, car certains ne manifestent aucun intérêt pour les poupées. Dans ce cas, l’organisation Dementia UK recommande de ne pas insister. "Vous pouvez toujours réessayer un autre jour." Dans The Conversation, Nikki-Anne Wilson, chercheuse à l’UNSW Sydney, pointe aussi du doigt que l'attachement envers la poupée peut devenir si fort que la personne atteinte de démence sera contrariée si quelqu'un d'autre prend la poupée. "Un adulte atteint de démence peut se négliger et négliger ses propres besoins au profit des soins apportés à sa poupée. Elle peut, par exemple, essayer de donner sa propre nourriture à la poupée ou de la coucher dans son propre lit, alors qu'elle dort dans un fauteuil. Pour éviter cela, il est conseillé de ne pas laisser la poupée dans sa vue pendant les repas. Si cela peut aider, vous pouvez suggérer de faire faire une sieste à la poupée", préconisé Dementia UK.

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