- Des médicaments contenant de l’isotrétinoïne, indiqués pour l’acné sévère, sont promus sur les réseaux sociaux pour des objectifs esthétiques, avoir une peau plus nette ou un nez plus fin.
- Pris hors indication, ces traitements peuvent entraîner des effets indésirables graves (troubles psychiatriques, malformations graves du fœtus en cas de grossesse, atteintes du foie, troubles de la vision ou musculaires.)
- Ils doivent ainsi être utilisés avec un suivi médical strict, notamment accompagnés d'une contraception chez les femmes en âge de procréer.
Pour avoir le "nez plus fin" et la "peau plus nette", certains ont recours à des médicaments à base d’isotrétinoïne (Roaccutane en gel et Isotrétinoïne Acnétrait, Contracné, Curacné, Procuta en gélule) et font la promotion de cette pratique sur les réseaux sociaux. Pourtant, l’utilisation de ces traitements, en dehors de leurs indications thérapeutiques autorisées, n’est pas sans danger pour la santé. Pour rappel, ces médicaments de la famille des rétinoides (produits dérivés de la vitamine A) sont indiqués en présence d’acnés sévères résistantes. Ils "ne doivent être prescrits qu’en dernière intention uniquement en cas d’échec des traitements classiques (antibiothérapie et traitements locaux). La première prescription est exclusivement faite par un dermatologue. Le traitement est mis en place à doses progressives pour éviter le risque d'aggravation brutale de l'acné (exacerbation de l'acné)", précise l’Assurance Maladie.
Ces médicaments contre l’acné "ne modifient pas la forme du nez" et provoquent des "effets indésirables graves"
Dans un récent communiqué, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) signale que les usages détournés de l’isotrétinoïne à des fins esthétiques ne sont pas efficaces et exposent à des risques graves. Ces traitements "ne modifient pas la forme du nez, et peuvent, au contraire, altérer la qualité de la peau. Ils peuvent aussi être à l’origine d’effets indésirables graves et susceptibles de persister après la fin du traitement, y compris à faible dose." Dans le détail, les médicaments à base d’isotrétinoïne provoquent des symptômes dépressifs et des changements d’humeur au cours du traitement ou après son arrêt.
Il existe également un risque de malformations (du cerveau, du visage ou du cœur) pour l’enfant à naître car ces traitements sont tératogènes. En outre, ces derniers peuvent causer une fausse-couche ou la mort du bébé pendant la grossesse ou juste après la naissance. C’est pourquoi il est strictement contre-indiqué chez les femmes enceintes. "Une contraception doit être mise en place avant le début du traitement et poursuivie pendant sa durée et jusqu’à un mois après son arrêt." Parmi les autres effets indésirables, on retrouve des atteintes du foie, des troubles de la peau (aggravation possible de l’acné, sécheresse importante…), des troubles de la vision (sécheresse de l’œil, inflammation…), des troubles musculaires ainsi que des troubles intestinaux.
Roaccutane : un suivi médical personnalisé pour une utilisation en toute sécurité
En raison de tous ces risques, l’ANSM rappelle que l’utilisation de ces médicaments doit donc être strictement réservée aux indications autorisées et réalisée sous surveillance médicale stricte. "Pour les femmes en âge d’avoir des enfants, la prescription initiale est accompagnée de la signature d’un accord de soins, et chaque renouvellement est limité à un mois", ajoute l’autorité sanitaire qui avertit que la vente et la promotion sans autorisation de médicaments sur internet sont illégales.



