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QUESTION D'ACTU

Maux de tête

De quel type de migraine souffrez-vous ?

Des chercheurs de l’école de médecine de l’université Stanford ont découvert deux sous-types de migraines en étudiant des IRM de patients migraineux.

De quel type de migraine souffrez-vous ? Deagreez/istock




L'ESSENTIEL
  • L'utilisation de l'IRM fonctionnelle a permis d'identifier deux types de migraines.
  • Le cluster 1 présente une activité cérébrale proche des personnes non migraineuses et des migraines moins sévères.
  • Le cluster 2 montre des différences importantes dans le débit sanguin entre le cortex et les régions sous-corticales du cerveau. Les maux de tête sont plus longs et plus douloureux.

Selon les estimations, entre 12 % et 15 % des Français souffrent de migraine. Malgré sa fréquence, cette maladie neurologique cache de nombreuses zones d’ombre. Elle est ainsi généralement diagnostiquée uniquement sur la base de la description des symptômes et de la douleur des patients.

Pour tenter de mieux comprendre ce trouble souvent handicapant, une équipe de l’école de médecine de l’université Stanford a étudié les IRM cérébrales de patients migraineux. Elle a alors identifié deux sous-types de migraines différents. Son étude, publiée dans la revue Cephalalgia le 26 mars 2026, pourrait aider à améliorer la prise en charge des malades et aider à développer des traitements.

Deux sous-types de migraines découverts grâce à l’imagerie cérébrale

Actuellement, les médecins classent les migraines en deux catégories : les chroniques (plus de 15 jours de maux de tête par mois) et les épisodiques (moins de 15 jours par mois). Pour avoir une vision plus précise de ces maux de tête très douloureux, les chercheurs ont réuni 111 migraineux et 51 volontaires en bonne santé cérébrale. Ils ont tous passé une IRM structurelle, qui examine les structures physiques du cerveau, et une IRM fonctionnelle, qui examine l'activité cérébrale entre les différentes régions de l’organe.

L’analyse des données a permis de distinguer deux types de migraines en fonction – non pas de leur périodicité – mais de leurs différences cérébrales. Le cluster 1 était le plus proche du groupe témoin sur le plan de l'imagerie cérébrale. Ses membres avaient par ailleurs des migraines globalement moins sévères.

L'autre, baptisé cluster 2, affichait des différences importantes dans le débit sanguin entre le cortex et les régions sous-corticales du cerveau, comparativement au cluster 1 et au groupe témoin. De plus, les patients réagissaient différemment aux stimuli sensoriels. "Chez les migraineux, le cerveau semble réagir de manière excessive, induisant la douleur en réponse à des expériences sensorielles quotidiennes", précisent les auteurs dans leur communiqué. Les malades affichaient aussi des caractéristiques cliniques distinctes : ils étaient plus âgés, souffraient de migraines plus longues et étaient plus susceptibles d’être handicapés par leur affection. "Globalement, le groupe 2 semble présenter des migraines plus sévères", précise le Dr Robert Cowan qui a dirigé l’étude.

Par contre, le scientifique et son équipe n'ont observé aucune différence dans la fréquence des crises de migraine entre les deux groupes. Ce qui suggère, selon eux, que "la classification classique de la migraine chronique versus épisodique pourrait ne pas refléter pleinement la biologie de la maladie".

Migraine : poursuivre les recherches pour améliorer la prise en charge

Cette découverte pourrait aider à améliorer la prise en charge des patients touchés par des migraines. Toutefois, il faut auparavant approfondir les recherches. L’équipe tente actuellement de trouver les biomarqueurs sanguins et les caractéristiques cliniques précises pour classer les différentes migraines, car les IRM fonctionnelles sont onéreuses. Elle cherche également à déterminer si les sous-types mis en lumière peuvent prédire la réponse au traitement, "et notamment si une personne ne répondant pas aux critères de la migraine chronique, pourrait bénéficier d'un traitement préventif quotidien".

"Il est fort possible que nous puissions identifier un patient en nous basant sur la corrélation entre certaines caractéristiques cliniques et ce que nous savons de l’imagerie cérébrale, et dire : Voici un patient souffrant de maux de tête cinq jours par mois qui bénéficierait vraiment d'un traitement préventif dès maintenant", conclut le Dr Cowan.

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