- Des chercheurs belges ont identifié 2 grands groupes et 5 sous-groupes de la maladie de Parkinson, ce qui peut expliquer pourquoi un même traitement ne fonctionne pas chez tous les patients.
- Lors d’expériences menées sur des mouches, ils ont montré que certains composés étaient efficaces sur un sous-groupe mais pas sur un autre.
- Les scientifiques suggèrent ainsi de développer des médicaments adaptés à chaque type spécifique de Parkinson, plutôt qu’un traitement unique pour tous les malades.
Deuxième maladie neurodégénérative après la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson, se caractérisant par des troubles moteurs et un déclin cognitif progressif, peut être causée par des mutations dans de nombreux gènes différents, ce qui entraîne divers mécanismes biologiques. "Cette complexité a rendu difficile le développement de traitements efficaces, car les thérapies ciblant une voie spécifique peuvent ne pas fonctionner pour tous les patients", ont indiqué les chercheurs du VIB-KU Leuven Center for Neuroscience (Belgique).
Parkinson : deux groupes principaux et cinq sous-groupes de la maladie identifiés
Dans une nouvelle étude, parue dans la revue Nature Communications, ces derniers ont ainsi voulu comprendre le lien entre les causes moléculaires spécifiques et la réponse des patients aux traitements. Pour cela, ils ont suivi l'évolution de mouches, plus précisément de drosophiles, porteurs de mutations dans l'un des 24 gènes responsables de la maladie de Parkinson. L’équipe a utilisé des méthodes informatiques et d'apprentissage automatique pour identifier des schémas. Cette approche a révélé deux grands sous-groupes qui peuvent être divisés en cinq groupes plus petits de la pathologie.
"Lorsque les cliniciens ou les patients examinent la maladie, ils observent les symptômes cliniques, qui unifient les personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Mais lorsqu'on examine les mécanismes moléculaires sous-jacents, on constate qu'ils se répartissent en sous-catégories. Et c'est important, car il n'existe pratiquement pas de médicament capable d’affecter les différents dysfonctionnements moléculaires présents dans toutes les formes de la maladie de Parkinson", a déclaré Patrik Verstreken, qui a dirigé les travaux.
Vers des thérapies plus ciblées contre la maladie de Parkinson ?
Face à ces résultats, les scientifiques ont voulu tester, chez les mouches, l’efficacité de plusieurs composés sur différents sous-groupes. Ils ont constaté que les insectes réagissaient différemment aux composés. "Lorsque nous avons testé un composé ayant guéri le sous-groupe A sur le sous-groupe B, ce dernier n'a pas guéri. Grâce à ces sous-catégories, nous pouvons cibler les patients présentant des mutations spécifiques, rechercher des biomarqueurs particuliers et développer des médicaments adaptés à chaque groupe", a expliqué l’auteur principal des recherches. D’après lui, cette approche peut s’appliquer à d’autres types de maladies, notamment celles causées par des mutations dans divers gènes ou par des facteurs environnementaux.



