Le lien entre le lait infantile contaminé et le décès d’un bébé est écarté. Le procureur d’Angers, Eric Rouillard, l’a annoncé à l’AFP. "L’enfant a été exposé au lait, on le retrouve dans ses selles, précise-t-il à Ouest-France. Pour autant, les analyses anatomopathologiques vont dans le sens d’un décès par asphyxie, ce qui était le premier constat, réalisé lors de l’autopsie."
Le lait était contaminé, mais ce n’était pas la cause du décès
Isis est décédée le 23 décembre dernier à Angers. Sa mère l’avait retrouvée inanimée dans son lit et elle n’avait pas pu être réanimée par les secours. L’enfant, âgé de 27 jours, avait consommé du lait en poudre de la marque Guigoz, commercialisée par Nestlé, dans un biberon. Or, ce lait infantile faisait partie d’un lot rappelé à cause d’une suspicion de contamination par la céréulide, une toxine. D’après Ouest-France, elle a bien été retrouvée dans les échantillons analysés, dans "des proportions largement supérieures aux normes autorisées".
Or, les expertises réalisées concluent à l’asphyxie comme cause du décès. Selon le quotidien, la mère et l’enfant ont dormi ensemble la nuit de son décès : elle pourrait l’avoir involontairement étouffée. "Dès le matin du drame, la mère dit qu’elle a peur d’être à l’origine du décès", ajoute Éric Bouillard.
Lait contaminé : qu'est-ce que la céréulide ?
En janvier dernier, des boîtes de lait infantile ont été rappelées par leur fabricant à cause d’une suspicion de contamination par la toxine céréulide, produite par la bactérie Bacillus cereus. "La céréulide est une toxine susceptible d’entraîner principalement des troubles digestifs, tels que des vomissements ou des diarrhées", indiquait le ministère de la Santé le 22 janvier. Huit jours plus tard, le ministère de l’Agriculture annonçait une baisse du seuil maximal concernant la céréulide, pour les produits infantiles. "La France a choisi d’anticiper de nouvelles recommandations scientifiques en retenant, dès à présent, un seuil de 0,014 μg de céréulide par kilogramme de masse corporelle, soit un niveau de sécurité renforcé par rapport au seuil jusqu’ici appliqué (0,03 μg par kilogramme de masse corporelle), indiquait le ministère dans un communiqué. Ce dernier reposait sur la valeur la plus basse disponible dans la littérature scientifique, issue des travaux de l’institut de santé publique des Pays-Bas (RIVM). Le nouveau seuil permet d’aller encore plus loin dans la protection des nourrissons."
Lait contaminé : des enquêtes toujours en cours
Plusieurs enfants ont été hospitalisés à cause de symptômes gastro-intestinaux après avoir consommé ces produits contaminés. Différentes enquêtes ont été ouvertes, dont une par le pôle santé publique du parquet de Paris pour mise en danger de la vie d’autrui. Depuis la fin mars, des députés sont rassemblés dans le cadre d’une ''mission flash" pour évaluer les responsabilités des entreprises multinationales dans cette affaire de laits infantiles contaminés.


