- Une toxine rare, la céréulide, est suspectée dans des lots de lait infantile.
- Nestlé a procédé à un rappel mondial par précaution.
- "Aucun cas de maladie liée aux produits touchés n’a été confirmé jusqu’à présent", selon le groupe.
Une simple boîte de lait en poudre peut devenir un véritable motif d’angoisse. Nestlé a procédé au rappel volontaire de laits infantiles dans une soixantaine de pays, en raison d’une contamination potentielle par une toxine appelée céréulide. Aucun cas de maladie n’a jusqu'ici été déclaré. Mais qu’est-ce qui se cache derrière ce nom ?
Les nourrissons : une population à risque
"La plupart des variantes [de Bacillus cereus] ne présentent aucun risque pour la sécurité alimentaire, mais certaines peuvent produire des toxines susceptibles de provoquer des troubles digestifs", explique Nestlé sur son site Internet. C’est le cas de la toxine céréulide, produite parfois durant la croissance de Bacillus cereus dans les aliments. La céréulide est dite "émétique" : elle provoque nausées, vomissements et douleurs abdominales rapidement après ingestion, généralement dans les heures qui suivent. Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), ces souches "représentent généralement 1 % ou moins des isolats issus des aliments ou de l’environnement", mais sont responsables de 15 % des cas d’intoxication alimentaire. Particulièrement tenace, la céréulide résiste à la chaleur et aux traitements chimiques, ce qui la rend difficile à détruire une fois présente.
Les laits concernés par le rappel, comme Guigoz, Nidal ou Alfamino, sont fabriqués à partir d’ingrédients secs, susceptibles d’avoir été contaminés en amont. Nestlé a indiqué qu’il s’agissait d’une mesure de "précaution", insistant sur le caractère préventif de sa démarche. "Aucun cas de maladie liée aux produits touchés n’a été confirmé jusqu’à présent", a déclaré Philipp Navratil, directeur général du groupe.
Comment réduire les risques ?
Si les infections "sont relativement peu fréquentes" selon le ministère de l'Agriculture, les nouveau-nés, les bébés prématurés, les enfants immunodéprimés ou encore les personnes âgées peuvent toutefois être particulièrement vulnérables. Les symptômes sont en général bénins et régressent en moins de 24 heures. Mais des formes graves comme des encéphalopathies ou des septicémies ont été signalées dans certains cas extrêmes, bien que le lien direct avec la nourriture ne soit "pas démontré", d'après l’Anses
Bacillus cereus se transmet surtout par l’alimentation. L’Anses rappelle donc quelques gestes simples mais efficaces : bien laver les légumes pour éliminer les résidus de terre, ne pas laisser les plats cuits à température ambiante plus de deux heures, et réfrigérer rapidement les aliments réhydratés. Ces précautions permettent de limiter la prolifération des spores de la bactérie.
Pour les parents, la vigilance reste de mise, mais nul besoin de paniquer. Le rappel est une mesure de responsabilité, et aucun nourrisson n’a été signalé comme malade à ce jour.


