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Polluants

PFAS, phtalates... Ce que cachent vraiment les emballages alimentaires

Les aliments ne sont peut-être pas les seuls responsables de notre exposition aux polluants. Une étude de l'Inserm explore le rôle des emballages alimentaires et de leurs substances chimiques.

PFAS, phtalates... Ce que cachent vraiment les emballages alimentaires monticelllo / istock




L'ESSENTIEL
  • Les emballages alimentaires contiennent des milliers de substances chimiques.
  • Le projet FoodContact analyse leur migration vers les aliments et leurs effets sur la santé.
  • Les chercheurs espèrent mieux encadrer ces matériaux et informer les consommateurs.

Pots de yaourts, barquettes de viande, canettes ou bouteilles en plastique : ces emballages du quotidien pourraient libérer dans nos aliments des substances chimiques potentiellement toxiques. Phtalates, PFAS, bisphénols ou retardateurs de flammes bromés sont régulièrement utilisés dans les matériaux qui sont mis au contact des aliments. Or, plusieurs études ont déjà montré que ces molécules peuvent migrer vers la nourriture. Mais une question reste en suspens : quels sont les effets sur la santé lorsque ces substances s'accumulent ?

C'est précisément ce à quoi veut répondre le projet FoodContact, piloté par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Son objectif est "d'identifier les molécules polluantes des emballages et la manière dont elles contaminent les aliments à leur contact, tout en mesurant les conséquences pour la santé à long terme".

Polluants : l'effet cocktail au cœur du problème

Les chercheurs s'intéressent tout particulièrement au phénomène appelé "effet cocktail". Dans la vie réelle, nous sommes en effet exposés à plusieurs substances simultanément, et leurs interactions pourraient amplifier les risques. "Nous aimerions déterminer les liens entre cette contamination et les maladies métaboliques comme l'hypertension et le diabète de type 2, ou encore l'obésité, les pathologies de la thyroïde, et les cancers", explique Mathilde Touvier, directrice de recherche à l'Inserm et coordinatrice du projet.

Pour y parvenir, les chercheurs s’appuient sur les données de la cohorte NutriNet-Santé, à savoir environ 181.000 volontaires qui peuvent scanner le code-barres des aliments qu'ils consomment. Grâce à la base de données Open Food Facts, les scientifiques obtiennent ainsi des informations précises sur les produits, mais aussi sur la nature de leur emballage.

Les volontaires renseignent également tous les ustensiles qu’ils utilisent en cuisine. Certains polluants, comme les PFAS, peuvent par exemple provenir du revêtement de certaines poêles. Chauffer un plat au micro-ondes dans son emballage plastique peut également favoriser la migration de ces substances chimiques.

Identifier les mélanges de substances associés aux maladies

Au total, plus de 12.000 molécules entreraient dans la composition des matériaux au contact des aliments. En ce moment même, les chercheurs utilisent des modélisations mathématiques et des analyses biologiques pour mesurer l'exposition dans le sang des participants et étudier les perturbations hormonales ou métaboliques. "Nous souhaitons comprendre les causes moléculaires et cellulaires de ces troubles afin d’établir un véritable lien de cause à effet entre l’ingestion de polluants et l’impact sur la santé", reprend Mathilde Touvier.

L'objectif final est d'identifier les mélanges de substances les plus associés aux maladies et d'améliorer la réglementation. Les chercheurs évoquent même la création d'un "Toxi-Pack Score", à l’image du Nutri-Score, afin d'informer les consommateurs.

En attendant, l'Inserm recommande des gestes simples pour prévenir les risques : privilégier les contenants en verre ou les ustensiles en inox, éviter de chauffer des aliments dans des plastiques et ne pas réutiliser des emballages à usage unique.

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