- Plus d'un enfant de 5 à 19 ans sur cinq dans le monde est atteint d'obésité ou de surpoids.
- Ce chiffre devrait grimper à 507 millions d'ici 2040 si aucune mesure est prise.
- La France est l'un des seuls pays ayant réussi à faire diminuer le taux d'obésité et de surpoids chez les enfants depuis 2010.
Pour la World Obesity Federation, pas de doute. Le monde échoue dans sa lutte contre l’obésité. Dans son dernier rapport, l’association prévient que sans la mise en place d’actions drastiques, plus de 220 millions d’enfants seront obèses d’ici quinze ans.
Plus de 180 pays n’ont pas réussi à réduire le taux d’obésité chez les jeunes
L’obésité est souvent présentée comme la maladie du siècle. Et elle n’épargne pas les plus jeunes. Les experts de l’Atlas mondial sur l’obésité 2026 estiment que 20,7 % des enfants âgés de 5 à 19 ans dans le monde sont en surpoids ou obèses. Cela représente une augmentation de 6,1 points par rapport à 2010.
En 2013, il avait été donné pour objectif aux différentes nations de réduire leur taux d'obésité chez les adolescents (10 à 19 ans) de moitié d’ici 2025. Les auteurs constatent dans leurs nouveaux écrits l’échec du projet. Plus de 180 pays ont constaté une augmentation de la prévalence du trouble. Seuls 15 pays, dont la France, sont parvenus à enregistrer une baisse.
Au vu des tendances mondiales actuelles, le nombre global d’élèves avec des problèmes de poids importants devrait fortement augmenter dans les prochaines années. La fédération estime en effet qu'il devrait atteindre 507 millions d'ici 2040. 228 millions de ces jeunes répondront au critère de l’obésité (contre 177 millions en 2025). Le rapport met également un nouveau phénomène en lumière. Alors que l’obésité infantile était jusqu’à maintenant majoritairement un problème visible dans les pays à revenu élevé, la prévalence augmente plus rapidement dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
De son côté, la France compte actuellement 1,835 million d’enfants en âge scolaire en surpoids ou en obésité. En raison des nombreuses mesures prises par les autorités concernant la santé et la nutrition des plus jeunes, les projections du rapport sont beaucoup moins alarmistes pour notre pays. Les auteurs tablent sur la persistance de la baisse du taux d’enfants en surpoids ou en obésité au cours des 15 prochaines années. On passerait ainsi de 15,8 % en 2025 à 13,3 % en 2040.
57,6 millions d'enfants pourraient souffrir de maladies cardiovasculaires liées à l’obésité en 2040
Les prévisions mondiales de l’obésité inquiètent les professionnels de santé. "L'obésité infantile et le surpoids entraînent des conditions similaires à celles observées chez les adultes, y compris l'hypertension et les maladies cardiovasculaires : on estime que d'ici 2040, 57,6 millions d'enfants présenteront des signes précoces de maladie cardiovasculaire et 43,2 millions présenteront des signes d'hypertension", expliquent les auteurs du rapport dans un communiqué.
La directrice générale de la Fédération mondiale de l'obésité, Johanna Ralston, ajoute "l'augmentation de l'obésité infantile dans le monde montre que nous n'avons pas pris au sérieux une maladie qui touche un enfant sur cinq. Les gouvernements doivent de toute urgence intensifier les efforts de prévention et de gestion des enfants en surpoids et obèses, et s'assurer qu'ils reçoivent les soins dont ils ont besoin."
Comment gagner la lutte contre l’obésité infantile ?
Pour lutter contre l'obésité infantile mondiale, les spécialistes préconisent notamment la généralisation des taxes sur les boissons sucrées, la mise en place de restrictions sur la commercialisation de produits sucrés ou gras auprès des enfants (y compris sur les plateformes numériques). Il faudrait également faciliter la mise en œuvre des recommandations mondiales sur l'activité physique pour les enfants, l'allaitement ou encore d’opter pour des normes alimentaires plus saines à l'école et l'intégration de la prévention et des soins dans les systèmes de santé primaires.
"Nous devons mettre en œuvre des politiques visant à créer des environnements sains, que les enfants soient à la maison, à l'école ou à l'extérieur : nous savons que les taxes sur les boissons sucrées et la limitation de la publicité pour les aliments malsains auprès des enfants sont efficaces, tout comme un meilleur accès à l'activité physique et un suivi dès les soins primaires. Il n'y a aucune raison d'hésiter à instaurer ces mesures : il est inacceptable de condamner toute une génération à l'obésité et aux maladies non-transmissibles chroniques et potentiellement mortelles qui y sont souvent associées", conclut Johanna Ralston.



