- Le cancer colorectal augmente chez les moins de 50 ans.
- Certains symptômes, comme le saignement rectal, ne doivent pas être ignorés.
- Les experts appellent à un dépistage et à des consultations plus précoces.
Deuxième cause de décès par cancer en France, et première cause de décès par cancer chez les moins de 50 ans aux Etats-Unis, le cancer colorectal progresse silencieusement chez les plus jeunes. Pour aider à les repérer précocement, l’American College of Surgeons (ACS) vient de publier une "checklist" destinée à mieux identifier les signes d’alerte et à préparer les consultations.
Des symptômes discrets à ne pas banaliser
Près d’un cancer colorectal sur cinq est désormais diagnostiqué avant 54 ans, contre 11 % il y a trente ans, selon l’American Cancer Society. Face à cette progression, l’ACS souhaite encourager des discussions plus précoces avec les médecins. "Souvent, lorsque de jeunes patients consultent pour des troubles intestinaux, ces symptômes sont attribués à des hémorroïdes ou à une constipation, et donc traités de manière traditionnelle", explique la Dre Marylise Boutros, chirurgienne colorectale, dans un communiqué. "Alors que de plus en plus de jeunes sont diagnostiqués, la connaissance des signes discrets peut sauver des vies."
"Tout changement nouveau ou différent pour vous mérite une attention médicale", rappelle la Dre Paula Denoya, également chirurgienne. Les premiers indices peuvent être subtils : constipation ou diarrhée persistante, selles plus fines, impression d’évacuation incomplète. Une perte de poids inexpliquée, une fatigue inhabituelle ou des selles noires doivent également alerter.
La présence répétée de sang dans les selles constitue un signal majeur : des données ont montré que, chez les moins de 50 ans ayant subi une coloscopie pour symptômes, le saignement rectal multipliait par 8,5 le risque de diagnostic de cancer colorectal. Attention, "le saignement est le symptôme le plus fréquent, mais il peut aussi être causé par d’autres maladies", nuance le Dr James T. McCormick. "Toute récidive doit être évaluée, et une coloscopie peut être indiquée."
Dépistage et antécédents familiaux
Alors que les jeunes sont de plus en plus concernés, on estime que neuf cas de cancer colorectal sur dix pourraient être évités s’ils étaient détectés plus tôt. En France, "Mars bleu", le mois dédié à la sensibilisation au dépistage de la maladie, vient de débuter. Avec sa campagne volontairement provocatrice "Va chier", la Ligue contre le cancer entend briser le tabou autour d’un test simple et réalisable à domicile. Un dépistage organisé qui concerne les femmes et les hommes de 50 à 74 ans, à risque moyen. Pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, il repose sur un test immunologique recherchant un saignement occulte dans les selles.
Comme le rappelle la Ligue dans un communiqué relayé par France Inter, "la seule façon de se faire dépister contre ce cancer, c’est depuis ses toilettes" : un simple prélèvement de selles à envoyer gratuitement en laboratoire.


