- Le Sénat veut interdire la vente de protoxyde d’azote aux particuliers.
- Ce "gaz hilarant" expose à des risques immédiats et graves.
- Des complications neurologiques et cardiovasculaires peuvent être irréversibles.
Incolore, bon marché et longtemps perçu comme inoffensif, le protoxyde d’azote, surnommé "gaz hilarant" s’est imposé ces dernières années dans les soirées étudiantes. Mais face à la multiplication des accidents et des complications neurologiques, le Sénat a adopté, jeudi 26 février, une proposition de loi visant à interdire sa vente aux particuliers.
Après l’Assemblée nationale, la chambre haute a voté son propre texte pour réserver la vente de protoxyde d’azote aux seuls professionnels. Déjà interdite aux mineurs depuis 2021, la vente reste jusqu'ici accessible aux majeurs. En attendant le vote définitif du Parlement, on vous explique pourquoi le "proto" est qualifié de "fléau" par le gouvernement.
Une interdiction pour endiguer un "fléau"
Utilisé en médecine comme anesthésiant et en cuisine pour les siphons à chantilly, le protoxyde d’azote (N²O) est aujourd’hui inhalé pour ses effets euphorisants. L’âge moyen des consommateurs est d’environ 22 ans. En interdisant sa vente aux particuliers, le Sénat espère ainsi freiner un "marketing hyper agressif" et le business "juteux de la dépendance", dans un contexte où l’Union européenne envisage de classer la substance comme toxique.
Selon la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA), le gaz provoque "des distorsions sensorielles, un fou rire incontrôlable et un état de flottement". Mais l’Agence régionale de santé des Hauts-de-France alerte sur les risques immédiats : asphyxie par manque d’oxygène, perte de connaissance, brûlures liées au froid du gaz, vertiges, chutes ou encore fausses routes (à cause de la perte du réflexe de toux).
De son côté, Santé publique France met en garde : "Conduire un véhicule après en avoir consommé [...] peut être à l’origine d’accidents graves, voire mortels". Le produit a d’ailleurs été pointé du doigt dans la hausse récente de la mortalité routière l'année dernière.
Des séquelles parfois irréversibles
Le danger majeur réside dans les consommations répétées. Le protoxyde d’azote entraîne un déficit en vitamine B12, indispensable au bon fonctionnement du système nerveux. La MILDECA précise qu'"en cas de consommations répétées [...] les personnes s’exposent à des complications sévères, parfois irréversibles : dépendance, atteintes neurologiques et neuromusculaires [...] troubles psychiatriques, atteintes cardiaques et troubles de la fertilité". Hallucinations, troubles de l’humeur et pertes de mémoire peuvent s'ajouter au tableau. Des cas de paralysie, d’AVC ou d’embolie pulmonaire ont même été rapportés.


