- Une consommation modérée d’œufs n’augmente pas le risque de maladie cardiovasculaire, selon les études.
- Les hausses de cholestérol observées sont modestes et compensées par le HDL, le bon cholestérol.
- Avec une alimentation équilibrée, un œuf par jour ne semble pas accroître le risque cardiovasculaire.
Les oeufs ont longtemps eu mauvaise réputation, accusés de favoriser le cholestérol. Une vaste revue scientifique, publiée dans le Journal of Poultry Science, estime aujourd’hui que l’alerte était sans doute excessive. En effet, pour la majorité des individus, une consommation modérée d’œufs n’augmente pas le risque de maladie cardiovasculaire et pourrait même offrir un léger effet protecteur.
Cholestérol : une équation plus complexe qu’il n’y paraît
L’analyse a compilé des essais cliniques, des études observationnelles et des données issues de 142 pays. Une méta-analyse de 28 essais contrôlés randomisés montre que manger davantage d’œufs entraîne une hausse modeste du cholestérol total et du LDL, dit "mauvais" cholestérol. Mais le "bon" cholestérol, le HDL, augmente aussi. Le ratio LDL/HDL, indicateur clé du risque cardiaque, reste donc "stable", selon un communiqué des chercheurs. En outre, il apparaît que l’augmentation du cholestérol total serait de l’ordre de 2 à 3 % par œuf, bien moindre que celle liée aux graisses saturées de la viande rouge ou du beurre.
Les scientifiques rappellent que le foie ajuste sa propre production lorsque l’apport alimentaire augmente. De plus, les protéines du blanc d’œuf pourraient freiner l’absorption intestinale du cholestérol.
Sans compter que le cas du Japon intrigue : les adultes y consomment presque deux fois plus d’œufs que la médiane mondiale... tout en affichant parmi les taux les plus bas de cardiopathie ischémique.
Le jaune, coupable ou protecteur ?
Ce n'est pas tout : une large cohorte internationale portant sur environ 177.000 personnes dans 50 pays n’a trouvé aucun lien significatif entre consommation d’œufs et événements cardiovasculaires. De même, une méta-analyse de 2020 conclut qu’un œuf par jour n’est pas associé à un sur-risque cardiovasculaire.
Le jaune d’œuf contient de la lutéine et de la zéaxanthine, deux antioxydants capables de limiter l’oxydation du LDL, étape clé dans la formation des plaques d’athérome. Deux petites études japonaises, publiées dans le Journal of Nutritional Science and Vitaminology, ont observé qu’ajouter un œuf par jour pendant quatre semaines augmentait le HDL et réduisait le LDL oxydé, sans hausse significative du LDL total chez des hommes ayant un cholestérol modérément élevé.



