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QUESTION D'ACTU

Psychologie

Un enfant qui dort mal souffre-t-il de mal-être ?

Véritable baromètre émotionnel, le sommeil reflète souvent l’état intérieur de l’enfant avant même que celui-ci ne puisse mettre des mots sur ce qu’il ressent.

Un enfant qui dort mal souffre-t-il de mal-être ? iStock/Tatyana Kalmatsuy




L'ESSENTIEL
  • Le dérèglement du sommeil est souvent le premier signe d'un problème émotionnel chez l'enfant.
  • Les troubles du sommeil sont une forme de langage non verbal exprimant un besoin de sécurité pour l'enfant.
  • Des rituels de coucher rassurants et réguliers permettent de soulager ce sentiment d'insécurité.

Chez l’enfant, le sommeil joue un rôle central dans le développement émotionnel, cognitif et relationnel. Il permet au cerveau de trier les expériences de la journée, d’intégrer les apprentissages et de réguler les émotions. Lorsque cet équilibre est fragilisé, le sommeil est souvent l’un des premiers espaces à se dérégler.

Le sommeil, miroir du monde émotionnel de l’enfant

Contrairement aux adultes, les enfants n’expriment pas spontanément leur mal-être par des mots. Leur psychisme encore immature passe plus facilement par le corps et les comportements. Difficultés d’endormissement, réveils nocturnes, cauchemars répétés ou refus d’aller se coucher sont des signaux qui doivent inviter les adultes à regarder au-delà de la fatigue pour mieux comprendre le vécu émotionnel de l’enfant.

Une difficulté à l’école, une tension familiale, une séparation ou un bouleversement de routine peuvent suffire à empêcher l’apaisement nécessaire à l’endormissement. Un enfant qui tarde à dormir ou se réveille fréquemment n’est donc pas forcément opposant ou "capricieux". Il peut simplement être submergé par des émotions qu’il ne parvient pas encore à réguler seul, et que la nuit rend plus présentes.

La nuit, un temps de séparation et de vulnérabilité

Le coucher représente pour l’enfant un moment de séparation quotidienne avec ses figures d’attachement. Dormir implique de lâcher prise et d’accepter une forme de vulnérabilité. Quand l’enfant se sent psychiquement fragilisé, cette séparation peut devenir angoissante. L’obscurité et le silence laissent alors place à des peurs symboliques, comme la crainte des monstres ou de l’abandon.

Un enfant qui refuse soudainement de dormir seul ou réclame intensément la présence de ses parents exprime souvent un besoin de sécurité. À travers ce comportement, il cherche avant tout à apaiser son système nerveux et à retrouver un sentiment de protection.

Le corps comme langage quand les mots manquent

Avant de savoir nommer une tristesse, une peur ou une inquiétude, l’enfant les exprime par son corps. Les troubles du sommeil deviennent alors un langage non verbal. Cauchemars fréquents, terreurs nocturnes ou agitation sont autant de façons de signaler qu’une situation dépasse ses capacités d’adaptation.

Instaurer des rituels de coucher prévisibles et rassurants, maintenir des horaires réguliers et offrir un temps d’échange calme en fin de journée permettent déjà de renforcer le sentiment de sécurité. On peut aussi prendre le temps d’écouter l’enfant, de nommer avec lui ce qu’il a vécu ou ressenti, et de valider ses émotions sans les minimiser, ce qui contribue à apaiser les tensions internes qui perturbent le sommeil.

En savoir plus : "Traiter les troubles du sommeil chez l'enfant : soutien et guidance parents-enfant" de Christine Genet.

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