- Un robot capsule magnétique pourrait transformer l’exploration digestive.
- Imprimé en 3D, il se déplace grâce à un champ magnétique externe.
- L’objectif est de rendre les examens (comme les endoscopies) moins invasifs et plus précis.
Les progrès technologiques ouvrent la voie, en médecine, à des dispositifs miniaturisés capables de circuler dans le corps humain. Aux Etats-Unis, à l’Université du Texas à Austin, le laboratoire MINIMAX développe ainsi un mini-robot pour explorer le tractus gastro-intestinal. Présenté dans la revue arXiv, ce dispositif pourrait faciliter le diagnostic et le traitement de certaines maladies digestives.
Un robot de la taille d’une pilule
Son concepteur, le Dr Fangzhou Xia, raconte que "[sa] motivation pour la surveillance de la santé gastro-intestinale est profondément personnelle". Il a été victime en 2022 de complications biliaires nécessitant des examens particulièrement invasifs, comme les endoscopies, qui consistent à observer l'œsophage ou l'estomac grâce à un tube souple muni d'une petite caméra. Il a alors voulu imaginer une solution plus simple et moins traumatisante pour les patients.
L’équipe a conçu une capsule imprimée en 3D, de la taille d'une pilule qu'on avalerait, recouverte d’un matériau magnétique souple. Concrètement, l’enveloppe externe réagit à un aimant placé à l’extérieur du corps, ce qui permet aux médecins de diriger la capsule sans mettre un gros aimant à l’intérieur. "Nous avons organisé le magnétisme de la capsule de façon très précise pour qu’elle s’aligne naturellement avec le champ magnétique externe", explique le Dr Xia dans un communiqué.
D’après des simulations informatiques, cette conception permet à la capsule de rouler de manière stable et contrôlée, même sur des surfaces inclinées ou humides comme celles de l’estomac.
Vers une médecine moins invasive
En libérant l’espace interne de la capsule, la technologie permet d’intégrer caméras, capteurs, réservoirs de médicaments ou encore outils de biopsie. "Les utilisations potentielles incluent l’endoscopie active contrôlée, la libération ciblée de médicaments ou le prélèvement localisé de biopsies", précise le chercheur. L’objectif à long terme : réduire le recours à l’anesthésie et aux interventions invasives.
Si, avant toute application clinique, des essais sur des modèles animaux seront nécessaires, "nous nous trouvons à un moment charnière pour concrétiser des idées de science-fiction comme 'avaler le chirurgien'", conclut-il.


