- L'enfant sage est souvent présenté comme un modèle alors que cela peut cacher une anxiété intense vécue en silence.
- Cette anxiété repose sur une sensibilité élevée qui fait que chaque erreur potentielle est vécue comme une menace.
- L’anxiété non reconnue chez l'enfant peut avoir des répercussions durables sur l’estime de soi et les apprentissages.
Calmes, obéissants, appliqués, certains enfants semblent parfaitement adaptés aux attentes des adultes. Dans les familles comme à l’école, l’enfant sage est souvent présenté comme un modèle : il ne fait pas de vagues, respecte les règles et réussit sans effort apparent. Pourtant, derrière cette sagesse valorisée se cache parfois une anxiété intense vécue en silence, qui prend la forme d’un retrait, d’un contrôle excessif de soi ou d’une peur constante de mal faire.
Le paradoxe de l’enfant modèle
Certains enfants apprennent très tôt que rester calmes, polis et irréprochables est une stratégie d’adaptation qui leur permet d’éviter les conflits, les reproches ou l’inquiétude de leurs proches. Cette anxiété dite "intériorisée" repose sur une sensibilité élevée, puisque chaque erreur potentielle est vécue comme une menace.
Concrètement, un enfant peut s’imposer de toujours bien faire ses devoirs ou de ne jamais exprimer sa colère, non par maturité, mais par crainte de décevoir. Ce comportement, socialement valorisé, masque alors une vigilance permanente et une forte pression intérieure.
Perfectionnisme et contrôle donnent un sentiment de sécurité illusoire
Chez ces enfants, le besoin de contrôle occupe une place centrale. Être sage devient un moyen de rendre le monde plus prévisible et donc moins angoissant. Le perfectionnisme en est une manifestation fréquente.
Un élève peut ainsi passer des heures à relire un exercice simple ou refuser de rendre un travail qu’il juge imparfait, non pas par goût pour l’excellence, mais par peur intense de l’échec. À force de vouloir répondre à toutes les attentes, explicites ou implicites, ces enfants s’épuisent émotionnellement et endossent un rôle de « petit adulte » qui dépasse leurs capacités affectives.
Reconnaître l’anxiété silencieuse pour ouvrir le dialogue
Comme ces enfants ne dérangent pas, leurs signaux de détresse sont souvent discrets : maux de ventre répétés avant l’école, troubles du sommeil, fatigue chronique, difficultés à faire des choix simples ou discours très autocritiques. Ces manifestations ne relèvent ni de la paresse ni du caprice.
L’anxiété non reconnue peut avoir des répercussions durables sur l’estime de soi et les apprentissages. C’est pourquoi savoir créer un climat de sécurité émotionnelle est essentiel. Cela passe, par exemple, par des questions ouvertes sur les ressentis, la valorisation de l’effort plutôt que du résultat et le rappel que l’erreur est permise, pour l’aider à relâcher la pression et à mettre des mots sur ce qu’il vit.
En savoir plus : "Mon enfant est anxieux" de Marine Darnat-Wambèke.


