- La période du ramadan impose pour les patients diabétiques qui le respectent de veiller à préserver leur équilibre glycémique.
- Ce temps de jeûne leur est autorisé sauf pour les patients très déséquilibrés.
- A la rupture du jeûne il faut éviter l'excès de sucre et goûter un plat unique en veillant à la qualité nutritionnelle de sa préparation.
Le ramadan impose une période de jeûne entre le lever et le coucher du soleil. Un exercice difficile lorsqu’il faut, en fonction de son état de santé, de son traitement et de son mode de vie et son activité professionnelle durant la journée, préserver son équilibre glycémique.
C’est le thème de ce défi "Coup de Food sur le Diabète" organisé en partenariat avec Sanofi et qui rassemble cette fois un patient musulman diabétique de type 1, Anis, 51 ans qui accompagne l’activité physique adaptée d’autres patients, le Dr Ibrahim Hamadeh, médecin diabétologie et le chef cuisinier Mohammed Cheick qui doit proposer une recette qui rend compatible suivi du ramadan et diabète.
Le jeûne autorisé pour la plupart des diabétiques
Mais le premier principe rappelé par le Dr Hamadeh, c’est d’abord la réponse à cette question cruciale : un diabétique doit-il ou non respecter le ramadan et les périodes de jeûne qu’il impose ? La réponse du médecin est catégorique : "On ne doit pas dégrader sa santé sous prétexte de pratiquer le ramadan ! Pour la plupart des patients diabétiques, il est autorisé à condition de le faire en toute sécurité, mais pour les patients très déséquilibrés, le jeûne pendant le ramadan est formellement interdit !".
D’où l’importance de la préparation de cette période pour laquelle le médecin généraliste est en première ligne. "Tout se programme et se prépare avant le ramadan, insiste le Dr Hamadeh, et cela implique une stratégie définie patient par patient, en fonction de son type de diabète, de son traitement, de son activité quotidienne".
Une adaptation du traitement
Concrètement, cette préparation passe par un bilan de santé quelques semaines avant le ramadan qui détermine, au-delà de la possibilité ou non de le respecter, que consommer avant le lever du jour et au moment de la rupture du jeûne en conservant une alimentation équilibrée, et comment adapter son traitement en diminuant notamment tout ce qui peut augmenter le risque d’hypoglycémie.
Une équation à laquelle le chef Mohammed Cheick a apporté une solution sur le registre de la bonne alimentation au moment de la rupture du jeûne avec une proposition qui respecte, comme il le souligne, "tradition, plaisir et équilibre glycémique". Sa "martingale", un tajine de légumes accompagnant des blancs de poulet. Avec un mode de préparation lui aussi adapté : pour les légumes et privilégiant ceux qui sont à faible indice glycémique, l’ordre de leur cuisson est important pour respecter leurs qualités nutritives et pour la viande, là aussi, un temps de cuisson qui évite que la viande soit trop cuite puisque "tout ce qui est trop cuit fait monter le taux de sucre".
A la rupture du jeüne éviter les produits trop sucrés
Côté plaisir, le défi est tenu : "Un délice ! Ce plat propose un véritable feu d’artifice pendant le ramadan !", se réjouit Anis. Côté respect de l’équilibre glycémique, pari également gagné : "Cette proposition est la preuve que ramadan et diabète c’est possible…mais pas en improvisant", valide le Dr Hamadeh.
Mais ce succès de la recette proposée par Mohammed Cheick ne dispense pas de respecter quelques règles complémentaires pour vivre le ramadan en toute sécurité lorsque l’on est diabétique. "Avant l’aube, il faut éviter de trop manger pour éviter le pic de glycémie", rappelle le médecin en précisant qu’au moment de la rupture du jeûne il faut aussi éviter de commencer avec des produits ou des boissons trop sucrés. "On peut se contenter de 2ou 3 dattes et attendre un peu avant de déguster le plat qui doit rester un plat unique et à la composition équilibrée".


