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QUESTION D'ACTU

Microbiote

Vos flatulences pourraient en dire long sur votre santé intestinale

Des chercheurs américains ont conçu un capteur portable capable d’analyser en temps réel l’hydrogène des flatulences et l’activité des bactéries intestinales. Leurs travaux ouvrent la voie à un suivi inédit de l’activité du microbiote.

Vos flatulences pourraient en dire long sur votre santé intestinale Phira Phonruewiangphing / istock




L'ESSENTIEL
  • Un capteur portable mesure l’hydrogène des flatulences en continu.
  • L’étude montre de fortes variations individuelles et une précision de 94,7 % pour détecter l’effet des fibres.
  • Un "Atlas humain des flatulences" doit désormais définir des normes scientifiques.

C’est un simple capteur accroché au sous-vêtement, mais il pourrait bien révolutionner la recherche sur le microbiote intestinal. Aux Etats-Unis, des scientifiques de l’Université du Maryland ont mis au point un dispositif inédit, capable de mesurer en temps réel l’hydrogène contenu dans les flatulences, et ainsi évaluer l’activité des bactéries intestinales. L’hydrogène est produit exclusivement par ces bactéries lorsqu’elles fermentent des fibres et des glucides non digestibles. L’étude, publiée dans la revue Biosensors and Bioelectronics: X, ouvre de nouvelles perspectives pour mieux comprendre notre digestion.

Un capteur pour suivre les bactéries intestinales heure par heure

Contrairement aux tests respiratoires ou aux analyses de selles, qui sont limités dans le temps, l’appareil enregistre en continu les données pendant une semaine. Léger, il fait environ 2,5 cm et se fixe discrètement au tissu. Testé auprès de 38 volontaires, ce "sous-vêtement intelligent" a détecté des changements alimentaires avec une précision de 94,7 %. Dans le détail, lorsque les participants ont consommé des bonbons enrichis en inuline, une fibre végétale, un pic d’hydrogène est apparu trois à quatre heures plus tard chez 36 d’entre eux. Et, en moyenne, les volontaires émettaient des gaz 32 fois par jour, soit bien plus que les 10 à 20 épisodes habituellement déclarés.

Fait surprenant : un tiers des personnes ont signalé des inconforts digestifs après avoir consommé de simples sucres, sans fermentation mesurable. Ce décalage suggère un possible effet de leurs attentes sur les symptômes ressentis, selon l’étude. Les chercheurs ont également observé d’importantes différences individuelles, de 4 à 59 émissions quotidiennes. De quoi questionner la notion même de "normalité" quand il s’agit de digestion.

Comme "un capteur de glucose, mais pour les gaz intestinaux"

L’équipe, qui a déposé deux brevets et fondé la société Ventoscity, lance désormais le "Human Flatus Atlas", l’Atlas humain des flatulences. Objectif : établir des références scientifiques plus fiables. "Car nous ne savons pas réellement à quoi ressemble une production normale de gaz, explique le Dr Brantley Hall, auteur principal des travaux, dans un communiqué. Sans référence, il est difficile de déterminer ce qui est excessif."

Le projet recrutera notamment des "Zen Digesters" (ceux qui digèrent sereinement) consommant beaucoup de fibres mais produisant peu de gaz, et des "Hydrogen Hyperproducers" (ceux qui ont beaucoup de flatulences). "Nous avons beaucoup appris sur les microbes présents dans l’intestin, mais moins sur ce qu’ils font à un instant donné", souligne Brantley Hall, qui compare l’outil à "un capteur continu de glucose, mais pour les gaz intestinaux".

A terme, cette technologie innovante pourrait aider à identifier précisément les aliments qui déclenchent une fermentation excessive, mais aussi à mieux comprendre l’impact des fibres, probiotiques et prébiotiques, notamment sur les maladies intestinales.

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