- L'oméprazole, un inhibiteur de la pompe à protons prescrit en cas de RGO, entraîne des modifications de la répartition de nutriments (fer, calcium, cuivre) dans l’organisme des rats.
- Dans le sang, une augmentation du calcium et une diminution du fer, indiquant un risque accru d'ostéoporose et d'anémie, ont été observées.
- "Il ne s'agit pas de diaboliser ce médicament, qui est efficace pour diverses affections gastriques. Le problème réside dans son utilisation banalisée", selon les chercheurs.
En cas de reflux gastro-œsophagien (RGO), à savoir la remontée d'une partie du contenu gastrique dans l'œsophage, des mesures hygiéno-diététiques aident à soulager les symptômes et à améliorer le confort au quotidien. En outre, des traitements visant à favoriser la cicatrisation des lésions de l’œsophage sont prescrits. Dans la liste, on retrouve les inhibiteurs de la pompe à protons (IP), comme lansoprazole, l’oméprazole, le rabéprazole, l’ésoméprazole et le pantoprazole, pris généralement durant quatre semaines afin de réduire la production d'acide gastrique ou pour une durée de huit semaines en cas d'œsophagite. Problème : leur utilisation inappropriée, pendant une durée supérieure à celle recommandée par les médecins, peut entraîner des carences nutritionnelles, selon une étude publiée dans la revue ACS Omega.
RGO : l'oméprazole entrave l'absorption des nutriments qui dépendent d'un milieu acide
Pour parvenir à cette conclusion, des chercheurs de l'université fédérale de São Paulo (Brésil) ont évalué l’utilisation continue des inhibiteurs de la pompe à protons et leur effet sur la biodisponibilité du fer, du calcium, du zinc, du magnésium, du cuivre et du potassium dans l'alimentation. L’équipe a utilisé des rats, qui ont été répartis en deux groupes. Un des groupes a reçu de l'oméprazole pendant 10, 30 et 60 jours afin de simuler différents niveaux d'utilisation prolongée du médicament chez l'être humain. Après chaque période, le sang et les organes des animaux ont été prélevés pour analyse. Les paramètres physiologiques, biochimiques et hématologiques ont été mesurés.
Les analyses ont révélé des variations dans les marqueurs hématologiques, notamment une diminution du nombre de globules rouges, du taux d'hémoglobine et de l'hématocrite (le pourcentage de globules rouges dans le sang). Des modifications significatives des cellules du système immunitaire ont également été détectées. Les recherches ont montré que l'oméprazole altérait la distribution des minéraux, entraînant des déséquilibres dans les taux de fer, cuivre et calcium dans le sang. De plus, une accumulation dans l'estomac et des déséquilibres au niveau de la rate et du foie ont été observés.
Une hausse du calcium indique un risque accru d'ostéoporose
"Le résultat le plus préoccupant a été l'augmentation significative du calcium dans le sang des animaux, ce qui pourrait indiquer un déséquilibre lié à l'élimination de ce minéral des os et un risque futur d'ostéoporose", a expliqué Angerson Nogueira do Nascimento, qui a participé aux travaux.
Les auteurs ont signalé que des molécules plus modernes de la même classe de médicaments, comme le pantoprazole et l’ésoméprazole, agissent de la même manière. "Dans ces cas, l’effet peut être encore plus intense, car ces molécules ont une action plus puissante et plus durable. Certaines nécessitent plus de cinq jours pour permettre la formation de nouvelles pompes à protons, tandis que l’oméprazole agit en un à trois jours environ, ce qui peut intensifier les effets secondaires."
"Il ne s'agit pas de diaboliser ce médicament, qui est efficace pour diverses affections gastriques. Le problème réside dans son utilisation banalisée, même pour des symptômes bénins comme les brûlures d'estomac, et pendant des mois, voire des années. Ses effets indésirables ne doivent pas être négligés", a conclu la chercheuse qui souligne la nécessité de mener des études plus longues pour confirmer les résultats.



