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Stéatose hépatique

Maladie du foie gras : pourquoi certains enfants en seraient protégés

Un composé du microbiote intestinal maternel pourrait aider à prévenir les maladies du foie comme la stéatose hépatique métabolique chez les enfants.

Maladie du foie gras : pourquoi certains enfants en seraient protégés ArtemisDiana/istock




L'ESSENTIEL
  • Des chercheurs ont découvert qu'un composé fabriqué par le microbiote intestinal peut aider à protéger contre la maladie du foie gras.
  • Il s'agit de l'indole. Il est produit quand les bonnes bactéries décomposent le tryptophane, un acide aminé présent dans les aliments comme la dinde et les noix.
  • Cette découverte ouvre la voie à une possible piste de traitement précoce.

Les enfants dont les mères ont consommé beaucoup de graisses et de sucre pendant la grossesse ou l’allaitement ont plus de risque de souffrir de stéatose hépatique en grandissant. Toutefois, les chercheurs de l’université d'Oklahoma ont peut-être trouvé un moyen de les protéger de ce trouble aussi surnommé maladie du foie gras.

Les chercheurs ont découvert qu’un composé, naturellement fabriqué par des bactéries intestinales saines, aidait à prévenir la pathologie.

Leur étude a été présentée dans la revue eBioMedicine, le 14 janvier 2026.

Un composé du microbiote peut aider à protéger le foie

Pour mieux comprendre le développement de la stéatose hépatique, l’équipe a nourri des souris femelles avec un régime riche en graisse et en sucre pendant toute leur grossesse et l’allaitement. Certaines souris avaient en plus un complément contenant de l’indole. Ce composé est produit par les bactéries du microbiote lorsqu'elles décomposent le tryptophane, un acide aminé présent dans les aliments comme la dinde et les noix.

Après avoir été sevrés, la progéniture a tout d’abord été nourri avec une alimentation standard. Puis, elles sont passées après à un régime de style occidental afin de favoriser le développement d'une stéatose hépatique. "Parce que la progéniture hérite de son microbiome de sa mère, une mauvaise alimentation maternelle peut façonner le microbiome du nourrisson de manière nuisible", rappelle le professeur Jed Friedman, auteur principal de l’étude, dans un communiqué.

Les analyses ont montré que les jeunes dont la mère avait eu de l'indole avaient des foies plus sains que les autres. Ils ont également pris moins de poids et ont présenté une glycémie plus basse et des cellules graisseuses plus petites, même après une exposition à un régime alimentaire de style occidental à l’âge adulte. Les chercheurs ont aussi remarqué une activation d'une voie intestinale protectrice impliquant le récepteur d'hydrocarbures acyl (AHR).

"Tout ce qui peut améliorer le microbiome maternel pourrait contribuer à prévenir le développement du syndrome MASLD chez l'enfant", remarque le Dr Karen Jonscher qui a participé à l’étude. "Ce serait bien plus efficace que d'essayer de guérir la maladie une fois qu'elle est déjà à un stade avancé."

Une piste pour prévenir la stéatose hépatique métabolique très tôt

Autre constat intéressant de l’étude : si les souriceaux dont les mamans avaient pris de l’indole avaient un taux inchangé de graisses hépatiques nocives, celui des graisses hépatiques bénéfiques et protectrices était plus important. "Plus remarquable encore, le transfert de bactéries intestinales de ces descendants protégés à d'autres souris n'ayant pas reçu d'indole a aussi révélé une réduction des lésions hépatiques chez ces dernières, confirmant ainsi le rôle clé du microbiome dans la protection", ajoutent les scientifiques.

Ainsi, pour eux, leur étude ouvre la voie à de nouvelles approches pour "réduire le fardeau croissant maladie stéatosique du foie associée à un dysfonctionnement métabolique (MASLD) grâce à une prévention précoce".

"La prévalence de la MASLD chez l'enfant est d'environ 30 % chez les enfants obèses et d'environ 10 % chez les enfants non obèses", souligne Dr Jed Friedman. "Malheureusement, le risque est plus élevé si la mère est obèse ou a une alimentation déséquilibrée. Chez l'enfant, la maladie est asymptomatique et n'est généralement découverte que lorsqu'un parent consulte pour des symptômes hépatiques chez son enfant."

Néanmoins, des recherches supplémentaires sont nécessaires avant de pouvoir appliquer ces découvertes à l’Homme.

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