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Métaux lourds dans l'alimentation : le bilan inquiétant de l’Anses

Dans un vaste rapport, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) dresse un état des lieux de la concentration de certains métaux lourds dans l’alimentation.  

Métaux lourds dans l'alimentation : le bilan inquiétant de l’Anses seb_ra/ISTOCK

  • Publié le 12.02.2026 à 16h55
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Les Français mangent trop de métaux lourds. Jeudi 12 février, l’Anses publie les résultats du troisième volet de l’Etude de l’alimentation totale (EAT) : elle a permis d’analyser la présence de ces substances dans des aliments courants. Si la concentration de certains métaux lourds a diminué par rapport aux précédents résultats, les experts constatent que les taux demeurent élevés. 

Alimentation et contamination : quelle a été la méthode de recherche de l’Anses ? 

"Les Etudes de l'Alimentation Totale (EAT) sont des études nationales dont l’objectif est d’évaluer les risques sanitaires liés à l’exposition chronique de la population à des substances chimiques présentes dans les aliments", rappelle l’Anses dans un communiqué. La première étude de ce type a été réalisée entre 2001 et 2005, puis la seconde entre 2006 et 2011. Cette fois, les scientifiques se sont intéressés à 250 substances dont l’argent, le cadmium, le plomb, l’aluminium et le mercure. L’étude portait aussi sur l’acrylamide : un composé qui se forme lors des cuissons à haute température, dont la friture. "Les pommes de terre frites, sautées ou chips et les biscuits sont les denrées les plus susceptibles d’être contaminées par l’acrylamide", précise Morgane Champion, coordinatrice de cette étude, dans un communiqué. 

Les experts de l’Anses ont analysé la présence de ces différentes substances dans 276 aliments, "couvrant plus de 90 % du régime moyen de la population".  "Chaque aliment EAT3 a été échantillonné sur une ou deux saisons, afin de tenir compte des éventuelles variations de concentrations en substances chimiques selon la période de l’année, est-il précisé dans l'étude. De plus, pour chaque aliment ont été constitués un échantillon de produits issus de l’agriculture conventionnelle et/ou un échantillon de produits issus de l’agriculture biologique."

Pain, pâte et viennoiserie : des sources d’exposition à certains métaux lourds 

Par rapport à la précédente EAT, l’Anses observe une diminution de la concentration en acrylamide, argent, aluminium, cadmium et plomb dans certains aliments. "Des augmentations sont tout de même observées dans certains groupes d’aliments, alerte Véronique Sirot, également coordinatrice de ces travaux. C’est le cas par exemple pour certains produits à base de céréales tels le pain, les biscuits sucrés, les viennoiseries ou les pâtes. Ce sont les aliments qui contribuent le plus à notre exposition alimentaire à l’aluminium, au cadmium et au plomb." Elle rappelle que les viennoiseries et les biscuits sucrés ont un faible intérêt nutritionnel. À l’inverse, les légumes analysés présentent aussi des concentrations importantes en métaux lourds, "sans que cela ne remette en cause le bénéfice nutritionnel incontestable de leur consommation", estime l’Anses.

En ce qui concerne le méthylmercure, présent dans les poissons, EAT 3 trouve des résultats similaires à la précédente étude. "La consommation de poissons présente toutefois un intérêt nutritionnel indéniable, rappelle Morgane Champion. Pour permettre une couverture optimale des besoins en nutriments, nous recommandons de consommer deux portions de poissons par semaine, dont un poisson gras, en variant les espèces et les lieux d’approvisionnement. Tant que l’on respecte ces recommandations, qui limitent le risque de surexposition au méthylmercure, toutes les espèces de poissons peuvent être consommées" 

Métaux lourds et alimentation : l'exposition au plomb diminue 

Pour le plomb, l’exposition alimentaire a diminué entre les deux périodes d’étude : de 27 à 41 % chez les enfants et entre 37 et 49 % chez les adultes. "Si l’eau reste toujours un contributeur majeur à notre exposition au plomb, ce n’est pas le seul : le pain, les légumes y contribuent également, ainsi que les boissons alcoolisées pour les adultes", prévient toutefois Véronique Sirot. Elle souligne que ces résultats illustrent l’effet des politiques de santé publique sur le sujet comme l’interdiction du plomb dans l’essence, dans les canalisations d’eau ou encore dans les peintures. D’autres résultats d'EAT3 seront publiés prochainement : ils concernent d’autres substances, dont le nickel ou le cobalt. 

 

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