- 62 % des utilisateurs présentent des problèmes gastro-intestinaux après la prise de sémaglutide.
- Pourtant, la plupart des utilisateurs restaient satisfaits de leur traitement lorsqu'ils avaient une perte de poids notable ou une réduction de l'appétit.
- En revanche, les personnes qui avaient peu ou pas de perte de poids ou des effets secondaires non gastro-intestinaux étaient beaucoup plus susceptibles d'arrêter le traitement.
Depuis plusieurs, les antidiabétiques à base de sémaglutide comme Ozempic ont gagné en popularité, car ils peuvent aider à perdre du poids grâce à ces propriétés coupe-faim et amaigrissantes. Face à cet engouement porté par les recommandations des célébrités et des influenceurs, les chercheurs de l'université Rutgers (USA) se sont penchés sur le rapport des utilisateurs au traitement.
Ils ont découvert que les personnes qui le prennent pour perdre du poids sont prêtes à poursuivre le traitement, même en cas d’effets secondaires importants, si les résultats sont au rendez-vous. Les résultats ont été détaillés dans le dernier numéro de Journal of Medical Internet Research.
Sémaglutide : les effets secondaires ne freinent pas l’engouement des patients
La fin justifie les moyens. Cela semble être le mantra des personnes qui prennent de l’Ozempic pour perdre du poids. En effet, après avoir analysé 60 avis anonymes publiés sur un site web d'information sur la santé, les chercheurs ont constaté que les patients sont prêts à poursuivre le traitement s'ils le perçoivent comme efficace, et cela, même s’ils présentent des effets indésirables désagréables ou gênants.
La plupart des utilisateurs indiquaient être satisfaits de leur traitement lorsqu'ils affichaient une perte de poids notable ou une réduction de leurs envies de nourriture. Leur satisfaction envers le produit et leur désir de le poursuivre n’étaient entachés par la forte présence de troubles gastro-intestinaux tels que nausées et vomissements. Et pourtant, six patients sur 10 en souffraient. En revanche, les personnes ayant constaté peu ou pas de perte de poids ou des effets nocifs non gastro-intestinaux étaient beaucoup plus susceptibles d'interrompre le traitement.
"On s'est beaucoup intéressé aux effets secondaires des médicaments GLP-1 – nausées, troubles digestifs – et à leur rapport bénéfice-risque", explique le Pr Morgan James, auteur principal de l'étude. "Or, nous avons constaté que pour de nombreux utilisateurs, le calcul est simple : si le médicament les aide à perdre du poids, ils sont prêts à supporter un inconfort important. Cela nous apprend beaucoup sur la demande de solutions efficaces pour la perte de poids et sur la manière dont nous devons accompagner ces patients."
Mieux comprendre les patients pour mieux les prendre en charge
Comme tout traitement, le sémaglutide peut avoir des effets nocifs. Les plus fréquents sont les nausées, les vomissements, la diarrhée, les douleurs abdominales, les ballonnements ou encore les maux de tête. Des troubles plus sérieux, mais plus rares ont aussi été rapportés comme un risque accru de pancréatite, une obstruction intestinale, une perte de vision ou encore des réactions allergiques.
Pour les chercheurs, cette étude permet de mieux comprendre le psychisme des patients et d’améliorer leur prise en charge. "Les résultats suggèrent une occasion d'aider les cliniciens et les patients à discuter des risques et des attentes associés à l'utilisation à long terme du sémaglutide. Pour les patients, reconnaître que les effets secondaires varient en gravité et que la perte de poids peut se stabiliser au fil du temps peut favoriser des attentes plus réalistes et une meilleure prise de décision quant à la poursuite du traitement", écrivent les auteurs dans leur communiqué.
L’équipe compte poursuivre ses travaux pour examiner si les perceptions du traitement diffèrent selon le sexe, étant donné que les réponses à la perte de poids peuvent varier ou encore si le rapport au traitement à ses effets varient si la perte des kilos ralentit ou s’inverse.



