- Le nombre de cancers augmente significativement chez les 15-39 ans en France.
- Certains types comme le cancer du sein, du rein ou les lymphomes progressent nettement.
- En cause, les modes de vie modernes : consommation d’alcool, tabac, alimentation déséquilibrée, sédentarité...
Longtemps considérés comme des maladies de "vieux", les cancers gagnent du terrain chez les adolescents et les jeunes adultes partout dans le monde. En France, les derniers chiffres inquiètent : certaines formes progressent nettement chez les 15-39 ans. Une tendance que les experts peinent encore à expliquer totalement, mais ils évoquent de nombreuses pistes.
Une augmentation des cancers chez les jeunes
D’après l’étude EPI-AJA 2022, réalisée à partir des données du réseau Francim, l’incidence des cancers chez les jeunes a augmenté de manière marquée entre 2000 et 2020. Comme le rapporte Santé publique France, le taux d’incidence global atteint environ 58 cas pour 100.000 personnes par an, avec une progression nette jusqu’au début des années 2010. Si les femmes sont globalement plus touchées, notamment entre 35 et 39 ans, l’augmentation varie selon le type de cancer.
Chez les jeunes femmes, le cancer du sein est en tête et affiche une hausse moyenne de +1,6 % par an. Chez les hommes, ce sont les tumeurs germinales testiculaires qui prédominent, bien que leur progression semble se stabiliser. Mais d’autres localisations inquiètent les chercheurs : cancers colorectaux, du rein, du système nerveux central ou encore lymphomes de Hodgkin sont en nette augmentation.
Le mode de vie et la pollution pointés du doigt
Alors, pourquoi ces hausses chez des individus encore jeunes ? Plusieurs pistes sont avancées par les scientifiques dans une récente étude menée par The Lancet. En premier lieu, les modes de vie modernes – consommation d’alcool, tabac, alimentation déséquilibrée, sédentarité – augmentent drastiquement le risque de cancers digestifs, du sein ou du rein. Le surpoids, en particulier chez les jeunes adultes, est un facteur de risque de plus en plus évoqué.
Les expositions environnementales s’ajoutent à ce tableau. Polluants atmosphériques, pesticides, perturbateurs endocriniens et certains additifs alimentaires pourraient agir dès le plus jeune âge, et ce, de manière cumulative. Le problème étant aussi que ces expositions précoces, multiples et souvent invisibles, sont souvent difficiles à mesurer précisément.
Enfin, les progrès du dépistage permettent aujourd’hui de mieux détecter certains cancers, augmentant mécaniquement le nombre de diagnostics précoces. Mais cette amélioration technique ne suffit pas à justifier l’augmentation de leur incidence sur certaines localisations spécifiques, selon les études.



