- Les filles dont les mères ont souffert de dépression pendant la grossesse ou après l'accouchement présentent un risque plus élevé d’autisme.
- Cela a aussi été observé chez des souris, dont l'expression des récepteurs de l'ocytocine, à savoir l’hormone de l’amour, dans le cortex préfrontal a diminué.
- Ces résultats mettent en évidence l'importance de soutenir la santé mentale maternelle pendant la période périnatale.
Durant la grossesse ou après l'accouchement, certaines femmes souffrent de dépression périnatale. Ce trouble est lié à des facteurs psychologiques (fatigue, peur de mal faire, fatigue), hormonaux, sociaux (isolement, difficultés de couple) et parfois personnels (événements stressants, antécédents de maladies mentales). Selon une nouvelle étude, publiée dans la revue Molecular Psychiatry, la dépression périnatale est associée à un risque accru de trouble du spectre autistique chez les enfants.
Autisme : la dépression périnatale maternelle pourrait accroître le risque chez les filles
Afin de parvenir à cette conclusion, des chercheurs de l'université de Tohoku (Japon) ont passé en revue les données de 23.218 duos mère-enfant japonais. Dans le détail, ils ont évalué les symptômes dépressifs au début et au milieu de la grossesse, ainsi qu'un mois après l'accouchement. Les traits autistiques chez les tout-petits ont également été mesurés à l'aide de l'échelle de comportement autistique de Tokyo. Les résultats ont montré que des scores élevés de symptômes dépressifs au début et au milieu de la grossesse étaient associés à une hausse des traits autistiques chez les jeunes enfants. "Ce risque était particulièrement prononcé chez les filles à la dépression pendant la grossesse et après l'accouchement." D’après l’équipe, les filles présentaient un poids de naissance plus faible et une association plus forte entre les traits autistiques et une altération du lien mère-enfant.
Moins d’'ocytocine dans le cortex préfrontal des femelles ayant des mères stressées
Pour explorer les mécanismes biologiques sous-jacents à ces résultats, les auteurs ont établi un modèle de stress prénatal chez des souris jouant le rôle de "mères". Les mères soumises à un stress chronique présentaient des comportements de type dépressif et une diminution des soins maternels. Quant à leur progéniture femelle, elle manifestait des comportements typiques de l'autisme, notamment une augmentation du toilettage et une altération des interactions sociales. De plus, les niveaux d'ARNm de l'ocytocine (hormone de l’amour) étaient significativement réduits dans le cortex préfrontal des jeunes femelles ayant des mères stressées. "L'ocytocine étant essentielle à l'attachement maternel et au comportement social, des perturbations de ce système pourraient expliquer la vulnérabilité particulière des filles au stress maternel."
Dans les conclusions, les scientifiques soulignent l’importance de prendre en charge la santé mentale maternelle dès la grossesse. Un accompagnement psychologique adapté et un suivi régulier peuvent contribuer à réduire les troubles du développement chez l'enfant, notamment chez les filles. "Ces résultats pourraient contribuer à l'élaboration de recommandations visant à protéger le bien-être de la mère et de l'enfant et fournissent une base scientifique pour des stratégies d'intervention précoce adaptées au sexe."



