- Une étude internationale identifie les facteurs déterminants des allergies alimentaires chez les enfants.
- Eczéma précoce, antécédents familiaux et prise d'antibiotiques augmentent le risque.
- Mais certains facteurs souvent suspectés, comme le faible poids à la naissance, ne sont en réalité pas associé à un risque accru d’allergies.
Produits laitiers, chèvre, bœuf, veau, blé, porc, maïs, soja, potimarron, amande, courgette, chou-fleur… Ce n’est pas une liste de courses, mais celle des nombreux aliments auxquels sont allergiques les deux filles d’Angéline Galinier Warrain, récemment interrogée par Pourquoi Docteur. Les deux petites, de 4 et 8 ans, souffrent d’allergies alimentaires dites "retardées", qui peuvent apparaître subitement après une consommation trop fréquente d’un produit. "Elles deviennent allergiques à des aliments qu’elles mangent trop et trop souvent", explique leur maman.
Un témoignage qui illustre une problématique largement répandue : pas moins de 5 % des enfants développent une allergie alimentaire avant l'âge de six ans. Mais pourquoi eux, et pas les autres ? Une nouvelle étude internationale, menée par l’université canadienne McMaster et publiée dans JAMA Pediatrics, révèle enfin les facteurs déterminants du développement des allergies alimentaires. Portant sur 2,8 millions d’enfants, cette méta-analyse inédite de 190 études met en lumière un véritable imbroglio, une "tempête parfaite" de causes génétiques, environnementales et sociales, selon les mots des chercheurs.
Un risque accru d’allergies chez certains nourrissons
D’après l’équipe de scientifiques, les enfants qui souffrent d’eczéma dans leur première année de vie ont un risque multiplié par trois ou quatre de développer une allergie alimentaire. Des symptômes comme la respiration sifflante ou la rhinite allergique renforcent aussi ce risque. Les antécédents familiaux jouent également un rôle important, en particulier lorsque les deux parents sont allergiques. Mais ce n’est pas tout : retarder l’introduction d’aliments allergènes (comme l’arachide, les œufs ou les fruits à coque) au-delà de 12 mois double les probabilités de développer une allergie.
Autre facteur pointé du doigt : l’utilisation d’antibiotiques, en particulier durant le premier mois de vie des nourrissons. L’impact des médicaments sur le microbiome intestinal pourrait en effet perturber la régulation du système immunitaire, et augmenter ainsi le risque allergique. "Notre étude souligne que la génétique à elle seule ne peut expliquer les tendances des allergies alimentaires, explique le Dr Derek Chu, co-auteur principal des travaux, dans un communiqué. C’est l’interaction entre les gènes, la santé de la peau, le microbiote et les expositions environnementales qui crée un terrain favorable."
Ce qui ne favorise pas les allergies
Les chercheurs rappellent également que. Ainsi, le faible poids à la naissance, la naissance après le terme, l’allaitement partiel, le régime alimentaire maternel ou encore le stress pendant la grossesse n’augmentent pas les probabilités. Ces résultats, qui viennent préciser les profils les plus à risque de développer une allergie alimentaire, permettent d’envisager des stratégies de prévention beaucoup plus ciblées et personnalisées. "Mais de nouvelles études cliniques et des recommandations actualisées sont nécessaires pour traduire ces observations en actions concrètes", tempère le Dr Chu.



