L’efficacité d’un traitement peut dépendre du moment où on le prend. C’est la conclusion d’une étude parue dans Nature Medicine. Ses auteurs, des chercheurs de la Central South University située à Hunan en Chine, ont découvert que la chimiothérapie est plus efficace lorsqu’elle est administrée tôt dans la journée.
Quel est l'impact des rythmes circadiens sur la chimiothérapie ?
"On sait que les rythmes circadiens, l'horloge biologique interne de 24 heures, influencent le comportement des cellules immunitaires et leur réponse au traitement, rappellent les scientifiques chinois dans un communiqué. Des études rétrospectives antérieures menées sur différents types de cancers, comme le cancer du rein et le mélanome malin, ont suggéré qu'administrer des inhibiteurs de points de contrôle immunitaire plus tôt dans la journée pourrait être plus efficace." Toutefois, ces hypothèses n’avaient pas été confirmées dans des essais contrôlés.
L’équipe de chercheurs, dirigée par Yongchang Zhang, a donc réalisé une étude clinique de phase 3, avec un groupe de 210 patients atteints d'un cancer du poumon, dit "non à petites cellules", à un stade avancé. Aucun d’entre eux n’avait été pris en charge auparavant.
Cancer du poumon : le traitement est plus efficace lorsqu'il est pris avant 15 heures
Les participants ont été randomisés, c’est-à-dire répartis aléatoirement, en deux groupes : le premier recevait le traitement avant 15 heures, le second après 15 heures. Ces horaires étaient définis pour les quatre premiers cycles de traitement. Il s’agissait d’une immunochimiothérapie, qui combine les mécanismes d’action de la chimiothérapie et de l’immunothérapie.
L’équipe scientifique a suivi les patients pendant un peu plus de deux ans. À l’issue de cette période, elle conclut que le groupe précoce n'a présenté aucune progression de la maladie pendant 11,3 mois en moyenne, contre 5,7 mois pour le groupe tardif. "La survie globale médiane était de 28 mois dans le groupe précoce et de 16,8 mois dans le groupe tardif, développent les scientifiques. Les taux de réponse au traitement étaient de 69,5 % dans le groupe précoce et de 56,2 % dans le groupe tardif, sans différence significative concernant les effets indésirables d'origine immunitaire."
Cancer du poumon : pourquoi l’efficacité de la chimiothérapie est liée à l’heure ?
Les scientifiques ont ensuite approfondi leurs travaux pour tenter de comprendre le lien entre l’heure et l’efficacité de la chimiothérapie. Ils ont constaté que le nombre de cellules immunitaires appelées lymphocytes T CD8⁺ était plus important dans le groupe ayant reçu la chimiothérapie précoce. Le ratio actif / épuisé parmi ces cellules était également plus important dans ce groupe. Selon les auteurs, cela pourrait expliquer la meilleure efficacité du traitement lorsqu’il est administré tôt. "Les mécanismes reliant le rythme circadien à l'efficacité chez les patients nécessitent également des investigations supplémentaires", précisent-ils toutefois en conclusion.



