Plus de 3.000 Françaises apprennent chaque année qu’elles ont un cancer du col de l’utérus. Le dépistage de la maladie repose notamment sur le frottis : cet examen gynécologique permet de prélever des cellules du col de l’utérus pour les analyser. Selon une étude réalisée par des chercheurs de l'Université d'Oslo, de l’École de santé publique d’Harvard et de l’Institut national du cancer aux États-Unis, cet examen pourrait être moins fréquent chez les femmes vaccinées contre les papillomavirus humains. Les résultats ont été publiés dans Annals of Internal Medicine.
Papillomavirus : une vaccination possible à différents âges
Cette équipe internationale a travaillé à partir d’une base de données norvégienne pour modéliser l’efficacité des stratégies de dépistage du cancer du col de l’utérus. Sept groupes d’âge ont été intégrés : les femmes vaccinées à 12 ans, entre 13 et 15 ans, entre 16 et 18 ans, entre 19 et 21 ans, entre 22 et 24 ans, entre 25 et 27 ans et entre 28 et 30 ans. En plus de cette information, les scientifiques ont analysé les intervalles de dépistage, soit le nombre d’années écoulées entre deux frottis et le nombre total d’examens de ce type réalisés au cours de la vie.
Cancer du col de l’utérus : le dépistage pourrait être moins fréquent chez les femmes vaccinées
Les chercheurs ont constaté que chez les femmes vaccinées à un jeune âge, un dépistage deux ou trois fois au cours de la vie s'est avéré "rentable et associé à une réduction des examens complémentaires inutiles". Pour les femmes vaccinées avant l'âge de 30 ans, ils considèrent ainsi qu’un programme de dépistage beaucoup moins intensif serait "plus rentable et moins nocif que la recommandation actuelle d'un dépistage tous les cinq ans". Chez les femmes vaccinées avant l'âge de 25 ans, ils recommandent de réaliser un dépistage tous les 15 à 25 ans, soit 2 à 3 dépistages au cours de la vie.
Papillomavirus : comment est organisé le dépistage en France ?
En France, il est recommandé de réalisé un frottis tous les trois ans entre 25 et 29 ans, après deux examens à un an d’intervalle, puis tous les cinq ans entre 30 et 65 ans. "Un dépistage régulier de toutes les femmes concernées permettrait de réduire significativement le nombre de cas de cancers du col de l’utérus", rappelle Santé Publique France. Entre 2020 et 2022, le taux de dépistage était de 59,5% dans le pays, ce qui représente une augmentation par rapport aux périodes précédentes, "mais restant en deçà des objectifs fixés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) (70% des femmes dépistées à 35 et 45 ans)".
La couverture vaccinale est également en hausse, notamment grâce à une campagne de vaccination à destination des collégiens, lancée à la rentrée 2023. 38 % des filles nées en 2011 ont reçu les deux doses de vaccins recommandées, contre 30 % des garçons de la même année. À terme, les autorités sanitaires souhaitent atteindre un taux de couverture vaccinale de 80 % chez les jeunes.




