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Intestin irritable : pourquoi les femmes y sont plus sensibles 

Les oestrogènes, et leurs effets sur différentes cellules intestinales, pourraient expliquer pourquoi les femmes sont plus fréquemment touchées par le syndrome de l'intestin irritable.  

Intestin irritable : pourquoi les femmes y sont plus sensibles  iremphotography/istock

  • Publié le 26.01.2026 à 15h55
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Le syndrome de l’intestin irritable touche trois femmes pour un homme. La Société Nationale Française de Gastro-Entérologie précise que cette statistique concerne la France, l’Europe en général et l’Amérique du Nord. Les hormones pourraient être l’une des explications à cette différence. C’est la conclusion d’une étude parue dans la revue spécialisée Science, le 18 décembre dernier. 

Syndrome de l'intestin irritable : les oestrogènes en cause ? 

Cette pathologie est chronique et peut déclencher différents symptômes : douleurs abdominales, ballonnements, bouffées de chaleur, diarrhées ou constipation. "Des recherches antérieures avaient laissé entendre que les œstrogènes étaient responsables des taux plus élevés de syndrome de l’intestin irritable chez les femmes, mais sans savoir pourquoi", précisent les auteurs, des chercheurs américains et australiens, en préambule de leur étude. Pour mieux comprendre les liens entre la maladie et les hormones, les scientifiques ont d’abord identifié l’action précise des œstrogènes dans l'intestin.

Oestrogènes : quels sont leurs effets sur les cellules intestinales ?

"Au moment où j'ai commencé ce projet, nous ne savions pas où et comment la signalisation des œstrogènes s'établissait dans l'intestin féminin, explique Archana Venkataraman, co-autrice de cette étude. Ainsi, notre première étape consistait à visualiser le récepteur des œstrogènes." Avec ses co-auteurs, elle a été surprise de le découvrir à un endroit inattendu : dans la partie inférieure du côlon et dans un type de cellule appelé cellules L.

Dans leur essai, ils ont réussi à décrypter l’action des hormones sur ces cellules : elles les amènent à libérer une hormone appelée PYY (peptide YY). "PYY agit ensuite sur les cellules voisines, les incitant à libérer le neurotransmetteur sérotonine, qui active les fibres nerveuses sensibles à la douleur, développent les auteurs. Chez les souris femelles, l’ablation des ovaires ou le blocage des œstrogènes, de la sérotonine ou du PYY ont considérablement réduit les fortes douleurs intestinales observées."

La double action des oestrogènes sur l'intestin 

Cette découverte apporte un éclairage sur un phénomène jusqu’ici incompris par la communauté scientifique. PYY était perçue comme une hormone permettant de réguler l’appétit, mais des essais cliniques, pour l’utiliser comme médicament amaigrissant, ont montré qu’elle provoque de graves symptômes intestinaux. Cette nouvelle recherche permet de comprendre pourquoi : PYY est un signal de douleur. 

"L’augmentation du PYY n’était pas la seule façon dont les cellules L répondaient aux œstrogènes, complètent les scientifiques. Les niveaux d’une autre molécule, appelée Olfr78, ont également augmenté en réponse à l’hormone." Cette molécule est capable de détecter les acides gras à chaîne courte, lors de la digestion. "Avec plus de récepteurs Olfr78, les cellules L deviennent hypersensibles à ces acides gras et sont plus facilement déclenchées pour devenir actives, libérant davantage de PYY", concluent-ils. 

FODMAP : pourquoi soulage-t-il le syndrome de l’intestin irritable ?

Selon les auteurs, cela pourrait expliquer pourquoi les régimes pauvres en FODMAP aident certaines personnes atteintes du syndrome de l’intestin irritable. "Les FODMAP (oligosaccharides, disaccharides, monosaccharides et polyols fermentescibles) sont des glucides que les bactéries intestinales fermentent en ces mêmes acides gras détectés par Olfr78, développent-ils. En mangeant moins de FODMAP, les patients pourraient empêcher l’activation d’Olfr78 et, par conséquent, empêcher les cellules L de produire davantage de PYY." Mais les scientifiques soulignent qu’il est difficile de suivre scrupuleusement ce régime à long terme. Ils estiment que ces nouvelles découvertes sur l’impact des oestrogènes pourraient aider à créer de nouveaux traitements. 

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