- Le taux de participation au dépistage du cancer colorectal est de 30,7 % pour la saison 2024-2025, soit une légère hausse depuis la période précédente.
- La proportion de personnes avec un test de dépistage positif est de 3,4 %.
- Seulement 4,7 % d'entre-elles passent une coloscopie dans le mois comme c'est recommandé.
En Franc, le dépistage organisé du cancer colorectal invite toutes les personnes âgées de 50 à 74 ans à réaliser une analyse gratuite des selles tous les deux ans. Ce prélèvement, réalisé à domicile, permet de déceler des traces de sang invisibles à l'œil nu pouvant provenir des polypes ou d'une tumeur, et ainsi de détecter les cancers du colon ou du rectum à des stades précoces.
Sur la saison 2024-2025, 19 millions d'invitations ont été envoyées. 6,4 millions de personnes cibles les ont utilisées. Cela représente une hausse d’un point par rapport à la campagne précédente (30,7 % contre 29,6 %). Toutefois, la participation française au dépistage du cancer colorectal reste inférieure aux objectifs acceptables de 45 % et souhaitables de 65 % recommandés par l’Union européenne.
Dépistage du cancer colorectal : des divergences entre les sexes et les régions
Le bilan sur la participation au programme national de dépistage organisé du cancer colorectal, publié par Santé publique France le 11 mars 2026, met en lumière plusieurs différences. Tout d’abord, les femmes participent davantage au dépistage que les hommes (31,8 % contre 29,6 %). Il y a aussi d’importantes divergences régionales. Si le test pris en charge par l'Assurance Maladie est entré dans les mœurs dans le Jura (37,6 %), en Isère (38,4 %), en Ille-et-Vilaine (39,0 %) et dans les deux Savoie (39,1 % pour la Savoie et 39,9 % pour la Haute-Savoie), il peine à percer en Corse (17,5 %), en Martinique (23,5 %), en Seine-Saint-Denis (23,5 %), à La Réunion (24,8 %) et en Guyane (10,6 %).
Néanmoins, la prévention gagne du terrain : "toutes les régions (à l’exception du Centre-Val de Loire et du Grand Est) connaissent une augmentation des taux de participation entre 2023-2024 et 2024-2025", remarque Santé Publique France dans son rapport. Elle précise que les baisses régionales observées pourraient être liées à des éléments techniques comme des migrations de logiciels et bug dans la récupération des données.
"Une dizaine de départements connaissent une augmentation supérieure à 2,5 points de pourcentage entre 2023-2024 et 2024-2025, même parmi ceux avec un taux de participation déjà élevé les années précédentes", ajoute le rapport.
Sur l’ensemble des personnes testées entre 2024 et 2025, 3,4 % ont vu leur dépistage revenir positif. Les analyses montrent également que les hommes sont plus touchés que les femmes. Ils affichaient un taux de dépistage positif de 4,0 % (de 3,3 % pour les plus jeunes à 5,4 % pour les plus âgés) contre 2,8 % chez la gent féminine (de 2,6 % pour les plus jeunes à 3,6 % pour les plus âgées).
La coloscopie n’est pas automatique en cas de dépistage positif
En cas de résultat positif au dépistage du cancer colorectal, il est recommandé de réaliser une coloscopie dans les 31 jours. Toutefois, une autre étude de Santé publique France, parue dans le bulletin épidémiologique hebdomadaire, révèle que cette consigne est malheureusement peu suivie.
Sur les 530.674 patients vivant dans l’Hexagone et ayant eu un résultat positif entre 2016 et 2020, seulement 4,7 % ont réalisé leur coloscopie dans un délai d’un mois. Pour plus de la moitié (52,2 %), l'examen supplémentaire a eu lieu dans les 3 mois. Le taux grimpait à 87,0 % à 24 mois.
"Une importante hétérogénéité entre les départements était observée, précise l’étude Les pourcentages de réalisation à trois mois allaient de 26 % (pour le Territoire de Belfort) à 71 % (pour le Morbihan)", remarquent les auteurs. Comme pour le dépistage, les femmes semblaient plus promptes à subir l’examen supplémentaire que les hommes. Les personnes dans la soixantaine étaient aussi plus rapides à faire leur coloscopie dans un délai de 1 ou 3 mois en cas de résultats positifs après le dépistage. Les 50-59 ans et les 70-75 ans affichaient des probabilités plus faibles à passer l’examen qui permet de détecter les lésions du côlon.
L’ensemble de ces résultats permet aussi de dégager le profil des personnes qui ne font pas de coloscopie malgré un résultat positif au dépistage. Elles sont majoritairement de sexe masculin, avec un âge plus élevé, dans une situation sociale défavorable et il s'agit de leur premier dépistage. De plus, leur résultat du dépistage n'a pas été envoyé à leur médecin traitant.
"Ces résultats soulignent la nécessité de renforcer l’accompagnement des personnes tout au long du parcours, en particulier les plus vulnérables. Le développement de circuits spécifiques pourrait faciliter l’accès à la coloscopie après un test positif avec une prise en charge rapide, notamment pour les publics les plus à risque de rupture de parcours. Cela pourrait contribuer à améliorer l’efficacité globale du programme de dépistage et à en réduire les inégalités d’accès", concluent les auteurs de l’article.



