- 42 % des patients sous traitement de longue durée ont oublié au moins une prise sur l’année.
- Quatre patients sondés sur 10 estiment que leur traitement “dicte” leur journée.
- Les patients de moins de 35 ans interrompent plus souvent leur traitement que les seniors.
Un Français sur deux prend régulièrement un traitement. Et parmi eux, plus de 4 sur 10 ont déjà oublié ou interrompu la prise des médicaments. Mais qu’est-ce qui les conduit à faire des accrocs dans l’observance thérapeutique ? Une étude OpinionWay, menée pour MedInTechs un événement dédié à l’innovation en santé organisé les 9 et 10 mars 2026, dresse leur profil.
Plus de 4 patients sous traitement longue durée sur 10 a déjà oublié leurs médicaments
La moitié des Français suivent un traitement médicamenteux régulier. Pour 38 % des sondés, la prise de cachets persiste depuis plus de six mois. Par ailleurs, les médicaments sont "à vie" pour 31 % des personnes interrogées. Et ils ne sont pas uniquement le quotidien des plus âgés. Un patient sur 8 sous traitement de longue durée a moins de 35 ans, précisent les auteurs de l’étude. Ces "jeunes" ont d'ailleurs plus tendance à interrompre leur traitement et à vivre davantage la prise comme une contrainte (lassitude, charge mentale, besoin de "souffler") que les seniors.
Parmi les sondés, 42 % des patients sous traitement de longue durée reconnaissent avoir déjà oublié ou interrompu leur traitement au cours des douze derniers mois. 68 % des malades reconnaissent être fatigués de devoir tenir les consignes dans la durée. La non-observance des prescriptions ne laisse pas de marbre. 64 % des personnes interrogées révèlent avoir ressenti de la culpabilité ou de l’anxiété après un oubli. L'étude révèle par ailleurs que le risque d’interruption est plus élevé au démarrage. En effet, les traitements récents sont les plus fragiles (67 % d’interruptions chez ceux traités depuis moins d’un an, contre 38 % au-delà).
Autre geste potentiellement dangereux pour la santé : un patient sur deux avoue avoir déjà adapté son traitement (ajustement, espacement ou pause) sans en parler à son médecin. "Ces écarts ne traduisent pas un rejet du soin, mais la difficulté à faire tenir un traitement dans le quotidien, et le besoin d’être mieux accompagné lorsque celui-ci s’inscrit dans la durée", souligne le sondage.
De plus, prendre des médicaments au quotidien peut représenter une charge mentale importante pour les patients. 40 % estiment que leur traitement structure fortement leur journée. Quasiment tout autant (39 %) de malades ressentent un décalage entre ce que les professionnels de santé préconisent et ce qu’ils parviennent réellement à faire au quotidien.
Médicaments : faciliter le quotidien des malades
"Quand un patient décroche de son traitement, ce n’est pas un refus de se soigner. C’est souvent le signe que le traitement devient difficile à faire tenir dans la vie quotidienne. Comprendre ces moments de décrochage est essentiel pour mieux accompagner les patients", souligne le Pr Gérard Friedlander, Professeur émérite à l’université Paris Cité et membre du comité scientifique de MedInTechs.
L'étude montre que les outils existants restent peu utilisés : 28 % des sondés utilisaient un pilulier, 12 % des rappels sur leur téléphone et 4 % une application de santé dédiée. Par ailleurs, le levier le plus plébiscité pour améliorer l'observance thérapeutique n’est pas technologique mais pratique. Pour 67 % des patients qui oublient, une prise plus simple et moins contraignante serait la solution la plus efficace pour alléger leur charge mentale et tenir dans la durée.
"Ces résultats confirment un enseignement clé pour l’innovation en santé : l’efficacité des solutions repose avant tout sur leur simplicité, leur lisibilité et leur capacité à s’intégrer naturellement dans la vie réelle des patients, en combinant technologie et accompagnement humain", expliquent les experts du sondage.


