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Pourquoi cette pilule peut faciliter l'observance d'un traitement

Des chercheurs ont mis au point une pilule intelligente qui envoie un signal quand elle est dans l’estomac. Ils espèrent ainsi améliorer l'observance des traitements.

Pourquoi cette pilule peut faciliter l'observance d'un traitement sofiana indriani/istock




L'ESSENTIEL
  • Le MIT a conçu une pilule qui envoie un signal quand elle a été avalée par le patient.
  • Tous les éléments de ce dispositif sont biodégradables et sans danger pour l'organisme. Seule la micropuce de l'antenne doit être expulsée par voie digestive.
  • L'objectif de l'appareil est d'améliorer l'observance des traitements.

En moyenne, les études estiment que la mauvaise observance des traitements avoisine les 50 %, voire plus chez les patientes. L’oubli ou l’abandon des prescriptions n’est pas sans risque pour le malade, surtout pour ceux atteints de pathologie chronique. Comme les médecins ne peuvent pas rester derrière chacun de leurs patients, des ingénieurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) ont eu l’idée de mettre au point une pilule qui prévient quand elle a été avalée.

Le dispositif a été présenté dans la revue Nature Communications, le 8 janvier 2026.

Une pilule biodégradable capable de communiquer avec les soignants

Cette pilule intelligente peut communiquer grâce à une antenne à radiofréquence (un type de signal sans danger pour l’Homme) qui est biodégradable. Cette dernière est en effet en zinc et en cellulose. "Nous avons choisi ces matériaux en reconnaissant leurs profils de sécurité très favorables ainsi que leur compatibilité environnementale", explique le Pr Giovanni Traverso, auteur principal de l’étude. L'antenne est enroulée et placée dans une capsule avec le médicament à administrer. La couche externe de la capsule est composée de gélatine recouverte d'une couche de cellulose et de molybdène ou de tungstène, bloquant le signal radiofréquence.

"Une fois la capsule avalée, son enrobage se désagrège, libérant le médicament ainsi que l'antenne radiofréquence. Celle-ci capte alors un signal radiofréquence émis par un récepteur externe et, en collaboration avec une petite puce radiofréquence, renvoie un signal confirmant l'ingestion de la capsule. Cette communication s'effectue dans les 10 minutes suivant l'ingestion", expliquent les chercheurs dans un communiqué.

Dans ce dispositif, la puce qui mesure 400 par 400 micromètres est le seul élément non biodégradable. Mais elle a été pensée pour être éliminée par voie digestive sans risque. Tous les autres peuvent se décomposer dans l'estomac en une semaine. "Les composants sont conçus pour se décomposer en quelques jours grâce à des matériaux dont l'innocuité est bien établie, comme le zinc et la cellulose, déjà largement utilisés en médecine", explique Mehmet Girayhan Say, chercheur au MIT et premier auteur de l’étude. "Notre objectif est d'éviter toute accumulation à long terme tout en permettant de confirmer de manière fiable la prise d'un comprimé. L'innocuité à long terme continuera d'être évaluée à mesure que la technologie progressera vers une utilisation clinique."

Des tests effectués avec des animaux ont montré que le signal était transmis depuis l’estomac sans problème. Le récepteur externe, qui était entre les mains des chercheurs, a pu le capter jusqu’à 60 cm de distance.

Améliorer l’observance des traitements pour les patients à risque

Le premier objectif de ce traitement est de pouvoir mieux surveiller les patients qui ont des traitements longs, voire chroniques et où la mauvaise observance des prescriptions est dangereuse. Les chercheurs pensent par exemple aux patients greffés, à ceux atteints d’infections chroniques comme la tuberculose, les personnes ayant récemment subi la pose d'un stent ou encore celles souffrant de troubles neuropsychiatriques pour qui la prise régulière de médicaments peut être difficile.

"L’objectif est de faire en sorte que cela aide les gens à recevoir les thérapies dont ils ont besoin pour optimiser leur santé", explique le Pr Giovanni Traverso. Le scientifique et son équipe espèrent pouvoir tester leur pilule intelligente sur les humains prochainement. Ils prévoient également d’améliorer les outils pour recevoir et transmettre le signal du cachet.

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