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Automatismes

Pourquoi notre cerveau nous pousse à manger sans faim

Une étude montre que notre cerveau continue de réagir à la vue d’aliments appétissants même lorsque nous sommes rassasiés. Un mécanisme automatique qui pourrait expliquer certaines difficultés à contrôler son poids.

Pourquoi notre cerveau nous pousse à manger sans faim kieferpix / istock




L'ESSENTIEL
  • Une étude montre que le cerveau reste sensible aux signaux alimentaires même après un repas.
  • Les zones de la récompense continuent de s’activer malgré la satiété.
  • Nos réactions aux aliments fonctionnent comme des habitudes automatiques, ancrées depuis longtemps.

On vient de manger et on est repu... alors pourquoi a-t-on encore envie d’une part de gâteau ? Une nouvelle étude britannique, menée par l’Université d’East Anglia (UEA) et publiée dans la revue Appetite, nous en apprend un peu plus sur ce mécanisme : même lorsque notre estomac est plein, notre cerveau continue de réagir intensément à la vue d’aliments qui nous semblent appétissants.

Une surconsommation même en l’absence de faim

"L’obésité est devenue une crise sanitaire mondiale majeure", explique le Dr Thomas Sambrook, chercheur à l’UEA, dans un communiqué. Mais il souligne que "la hausse de l’obésité ne relève pas simplement de la volonté individuelle : c’est le signe que nos environnements riches en nourriture et nos réponses apprises face aux signaux appétissants l’emportent sur les mécanismes naturels de l’appétit".

Les chercheurs ont voulu comprendre comment le cerveau réagit aux signaux alimentaires lorsque nous sommes déjà rassasiés. Verdict : "Aucun degré de satiété ne semble capable d’éteindre la réponse du cerveau face à des aliments attrayants", affirme Dr Sambrook. Autrement dit, le simple fait de regarder des pâtisseries pourraient déclencher une surconsommation même en l’absence de faim.

Un cerveau insensible à la satiété

Pour parvenir à cette conclusion, l'équipe a étudié 76 volontaires à l’aide d’un électroencéphalogramme (EEG) pendant un jeu d’apprentissage basé sur la récompense, impliquant des sucreries, du chocolat ou des chips. A mi-parcours, les participants ont consommé l’un des aliments jusqu’à ne plus en vouloir. Ils se déclaraient pleinement rassasiés et leur comportement montrait qu’ils n’accordaient plus de valeur à l’aliment.

Et pourtant, l’activité électrique dans les zones cérébrales liées à la récompense restait aussi forte devant les images de cet aliment. "Le cerveau refuse tout simplement de diminuer l’attrait d’un aliment, peu importe votre niveau de satiété", résume le chercheur. "Même lorsque les personnes savent qu’elles n’en veulent plus, leur cerveau continue d’envoyer des signaux de récompense."

Des habitudes automatiques

Les résultats suggèrent que nos réactions aux aliments fonctionnent comme des habitudes automatiques, ancrées par des années d’association entre nourriture et plaisir. "Ces réponses cérébrales habituelles peuvent fonctionner indépendamment de nos décisions conscientes", souligne Dr Sambrook.

Même une forte discipline ne suffit pas toujours. "Si vous avez du mal à résister à une gourmandise alors que vous êtes rassasié, le problème n’est peut-être pas votre volonté, mais le câblage même de votre cerveau", conclut-il.

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