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Retard d'adaptation

Pourquoi notre cerveau préfère les aliments gras et riches en sucres

D'après une récente étude, le "système de la récompense", dans notre cerveau, s'activerait bien plus en présence de nourriture riche en gras et en glucides que n'importe quelle autre... 

Pourquoi notre cerveau préfère les aliments gras et riches en sucres Trifonov_Evgeniy/iStock

  • Publié 16.06.2018 à 15h18
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Vous vous demandez constamment pourquoi vous êtes accro aux aliments les plus caloriques quand la vision d’un concombre ne vous procure aucun plaisir ? Ne cherchez plus, c’est la faute de vos neurones et des circuits neuronaux qu'ils constituent dans le cerveau.

Selon une étude parue jeudi 14 juin dans le journal Cell Metabolism, le système de la récompense dans notre cerveau préfère de loin la nourriture riche en gras et en glucides.

Une étude sur les réactions du cerveau

Le Professeur Dana Small, directrice du centre de recherche physiologique de Yale ainsi que des collègues suisses, allemands, et canadiens, voulaient comprendre quels mécanismes du cerveau expliquent les prédispositions génétiques pour l’obésité, l’habitude de manger sans avoir faim ou encore les difficultés à perdre du poids. Ils ont alors soumis des participants à des scanners du cerveau tout en leur montrant des photos de snacks combinant gras et sucre ou gras et glucides.

Résultat de l’expérience : les sujets étaient prêts à payer plus pour les aliments riches en gras et en glucides. Qui plus est, les chercheurs ont noté que cette association d'aliments allumait davantage de circuits neuronaux dans le système de rla écompense du cerveau qu’un aliment préféré et potentiellement plus sucré, plus riche en énergie ou une plus grosse portion de nourriture.

Une valorisation particulière des aliments

"Le processus biologique qui régule l’association des aliments avec leur valeur nutritionnelle a évolué pour définir la valeur d’un aliment afin que les organismes puissent prendre des décisions adaptées", explique Dana Small "Par exemple, une souris ne va pas prendre le risque de s’exposer à un prédateur si la nourriture apporte peu d’énergie", précise-t-elle.  

"Etonnament, les aliments contenant du gras et des glucides semblent signaler leur apport potentiel en calorie via des mécanismes distincts du cerveau. Nos participants étaient très bons pour estimer les calories venant des aliments gras et beaucoup moins pour estimer les calories riches en hydrates de carbone. Notre étude montre que quand les deux sont combinés, le cerveau a tendance à surestimer la valeur énergétique d’un aliment", poursuit-elle. D’après elle, les glucides relâcheraient de la dopamine dans le cerveau à travers un signal métabolique encore inconnu des scientifiques.

Notre cerveau n'a pas eu le temps de s'adapter aux aliments ultra-transformés 

Nos ancêtres chasseurs mangeaient surtout des plantes et de la viande animale, expliquent les chercheurs dans leur étude. "Dans la nature, les aliments riches en gras et en glucides sont très rares et ont tendance à avoir des fibres, ce qui ralentit le métabolisme", détaille Dana Small.

Mais, après la domestication des plantes et des animaux et le développement de l’agriculture il y a environ 12.000 ans, nous avons été plus habitués à consommer du gras et des glucides ensemble. Toutefois, les aliments transformés comme les donuts, qui contiennent 11 grammes de gras et 17 grammes de glucides, sont seulement apparus il y a 150 ans. Ainsi, notre cerveau n’a pas eu le temps d’évoluer assez pour adapter sa réponse à ce genre de petits plaisirs gustatifs.   

C’est pourquoi, les rongeurs à qui Dana Small et ses collègues ont donné un accès illimité au aliments riches en gras et en glucides ont grossi très rapidement.

Par conséquent, en attendant que le cerveau humain ne trouve une solution pour s’adapter à la nourriture ultra transformée (on n’en trouve pas que dans la malbouffe mais aussi beaucoup aux rayons diététiques du supermarché), il semblerait plus sage de l’éviter au maximum et de privilégier des aliments directement obtenus auprès de plantes ou d’animaux. Quitte à se sentir moins récompensé…

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