- L’actrice canadienne, Claire Brosseau, atteinte de bipolarité, souhaite avoir recours à l’aide à mourir.
- Au Canada, l’aide à mourir est autorisée depuis dix ans pour les personnes en fin de vie et celles atteintes de maladie incurable.
- En France, les troubles psychiatriques devraient être écartés de la liste des pathologies concernées par le droit à l'aide à mourir.
Claire Brosseau, humoriste et actrice canadienne, souhaite en finir. Atteinte de troubles bipolaires depuis plus de trente ans, elle demande le droit à l’aide médicale à mourir. Au Canada, il est accordé aux personnes en fin de vie ou atteintes de maladies incurables, mais pas à celles atteintes de maladies psychiatriques. Avec l’association Dying With Dignity Canada, elle a porté plainte contre l’Etat canadien en 2024 pour que ce droit leur soit accordé.
Au Canada, les troubles mentaux toujours exclus de l'aide à mourir
Dans une vidéo publiée par le magazine canadien Maclean’s, l’actrice, aujourd’hui âgée de 49 ans, confie ne pas se souvenir d’un moment de sa vie où elle n’a pas voulu mourir. "J'ai été traitée par des psychiatres, des psychologues, des conseillers, j'ai suivi un programme de réadaptation en 12 étapes à Montréal, New York, Toronto et Los Angeles, raconte-t-elle. J'ai environ 10 à 30 minutes par jour où je me sens bien, où je me dis : ‘Tout va bien’." Elle explique que la plainte déposée contre l’État canadien est la seule chose qui la maintient en vie. "C’est très difficile et très douloureux, je veux juste être libre et avoir des droits égaux à ceux des autres."
Au Canada, une commission parlementaire doit travailler en mars sur l’élargissement de l’aide à mourir aux personnes atteintes d’un trouble mental. En principe, cette extension aurait dû être mise en œuvre en mars 2024, mais le gouvernement canadien a décidé de la repousser de trois ans. "Le système de santé n'est pas encore prêt pour cette expansion", précise un communiqué du ministère de la Santé canadien, paru en février 2024.
Aide à mourir : les troubles mentaux sont-ils inclus dans la proposition de loi en France ?
En France, les députés ont adopté la proposition de loi sur la fin de vie, mercredi 25 février. Pour accéder à l’aide à mourir, il faudra remplir certaines conditions, dont être majeur et atteint d’une "affection grave et incurable, quelle qu'en soit la cause, qui engage le pronostic vital, en phase avancée ou terminale". La souffrance liée à cette affection doit être "réfractaire aux traitements (qu'on ne peut pas soulager) ou insupportable". Initialement, le texte intégrait la notion de souffrance physique et/ou psychologique. "Les députés ont supprimé cette notion, précisant qu'une "souffrance psychologique seule ne peut en aucun cas permettre de bénéficier de l'aide à mourir", indique France Info. Ainsi, les personnes atteintes de pathologies psychiatriques, dont la bipolarité, ne pourront donc pas demander à bénéficier de l’aide à mourir. "Leur pathologie n’engageant pas le pronostic vital en phase avancée ou terminale, indique Le Monde. Sans compter que ces pathologies peuvent, pour certaines, altérer l’expression d’une volonté ‘libre et éclairée’."
La proposition de loi sur la fin de vie doit être maintenant examinée en seconde lecture par les Sénateurs au mois d'avril, avant de revenir à l'Assemblée nationale.



