- Le test, mis au point par l'université de Queensland, permet de repérer les jeunes femmes souffrant d'endométriose en 5 minutes.
- Il repose sur 6 questions concernant leurs douleurs, leurs règles ou encore leurs antécédents familiaux.
- L'outil va être évaluer en milieu clinique afin de déterminer sa praticité et son efficacité.
En France, il faut en moyenne sept ans d’errance médicale avant de parvenir à un diagnostic d’endométriose. Des chercheurs de l’université de l’université du Queensland ont développé un test qui permet de repérer les adolescentes et les jeunes femmes à risque et d'accélérer leur orientation vers des spécialistes de la maladie gynécologique chronique. Il a été présenté dans la revue eClinicalMedicine, le 9 mars 2026.
Des questions qui visent la santé gynécologique des jeunes femmes
Le test, baptisé score SAFE (Simplified Adolescent Factors for Endometriosis), a été constitué en s'appuyant sur les donnés de plus de 9.000 femmes issues d’une l'étude longitudinale australienne sur la santé des femmes. En 5 min, ce questionnaire permet d’aborder 6 questions. Les jeunes femmes sont interrogées sur la fréquence de leurs douleurs pelviennes, sur le fait qu'elles aient consulté un médecin pour ces douleurs ou encore pris des analgésiques. Il leur est également demandé si elle souffre de saignements menstruels abondants ou de règles douloureuses ou encore s’il y a des antécédents d'endométriose dans leur famille.
Des points sont accordés en fonction des réponses. "Plus le nombre de facteurs de risque identifiés est élevé, plus le score d'une femme est élevé et plus la probabilité qu'elle développe cette affection est grande", expliquent les auteurs dans un communiqué.
Test endométriose : réduire le temps de diagnostic de 6 à 8 ans
Cet outil peut être utilisé chez les femmes de tout âge. Toutefois, il a été pensé pour cibler en priorité les jeunes filles et jeunes adultes. "Nous devons pouvoir détecter l’endométriose précocement, car nos recherches ont montré que la plupart des femmes étaient diagnostiquées vers la fin de la vingtaine, souvent lorsqu’elles essayaient de tomber enceintes", explique la Pr Gita Mishra AO de l’université de Queensland. "En détectant l’endométriose plus tôt – idéalement chez les adolescentes dès leurs premières règles – nous espérons que cet outil permettra de réduire le délai diagnostique moyen de 6 à 8 ans et ainsi de commencer le traitement le plus tôt possible."
L’experte ajoute que le diagnostic précoce peut aussi aider à mieux prendre en charge les problèmes de fertilité liés à l’endométriose. "Le traitement habituel consiste à induire l'ovulation, mais cette méthode n'est pas aussi efficace que la FIV pour les femmes atteintes d'endométriose", ajoute l’experte. Les prochaines étapes consisteront à évaluer l'outil en milieu clinique, à évaluer sa praticité dans les cliniques de médecine générale, d'endométriose et de douleurs pelviennes de Brisbane (Australie), et à explorer "la possibilité de développer une application".



