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Cancer de la prostate : ce gène peut entraîner une résistance à la chimio

Un gène nommé FOXJ1 favoriserait la résistance aux chimiothérapies de type taxanes dans le cancer de la prostate avancé, selon une équipe de chercheurs. Cette découverte pourrait aider à prédire l’efficacité des traitements.

Cancer de la prostate : ce gène peut entraîner une résistance à la chimio SeventyFour / istock




L'ESSENTIEL
  • Un gène appelé FOXJ1 pourrait expliquer pourquoi certaines chimiothérapies du cancer de la prostate cessent de fonctionner.
  • Les chercheurs ont montré qu’il modifie les microtubules ciblés par les taxanes comme le docétaxel.
  • Ce gène pourrait devenir un biomarqueur pour mieux orienter les traitements.

Le cancer de la prostate avancé est souvent traité par des chimiothérapies appelées taxanes, capables de prolonger la vie de nombreux patients. Mais pourquoi ces traitements cessent-ils parfois de fonctionner après un premier succès ? Une nouvelle étude, publiée dans la revue Nature Communications, suggère qu’un gène nommé FOXJ1 pourrait jouer un rôle central dans cette résistance, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques.

Comment la chimiothérapie perd de son efficacité

Les chercheurs de Weill Cornell Medicine et du Beth Israel Deaconess Medical Center, aux Etats-Unis, ont en effet identifié un lien entre l’activité du gène FOXJ1 et la résistance à la chimiothérapie par taxanes chez les patients atteints d’un cancer de la prostate métastatique. Le gène FOXJ1 est surtout connu pour contrôler la formation des cils cellulaires, de petites structures semblables à des cheveux à la surface des cellules. Mais l’équipe a découvert un rôle inattendu : il influence aussi les microtubules, des structures internes essentielles à la division et à la survie des cellules.

Les taxanes, comme le docétaxel, agissent en se fixant sur les microtubules afin de bloquer la division des cellules cancéreuses. En stabilisant ces structures, ils empêchent les cellules tumorales de se multiplier. Or, les chercheurs ont montré que lorsque les niveaux de FOXJ1 augmentent dans les cellules cancéreuses de la prostate, celles-ci deviennent moins sensibles au docétaxel. A l’inverse, réduire l’expression du gène rend les cellules plus vulnérables au traitement.

"Il s’agit d’un rôle jusqu’ici non reconnu du facteur de transcription FOXJ1, et il pourrait servir de biomarqueur pour identifier les patients les plus susceptibles de bénéficier de ces traitements", explique la Dre Paraskevi Giannakakou, professeure de pharmacologie à Weill Cornell Medicine, dans un communiqué. Selon les chercheurs, FOXJ1 modifie le comportement des microtubules, ce qui empêche le médicament de s’y fixer efficacement. La tumeur peut ainsi contourner l’action de la chimiothérapie.

Vers un test prédictif pour orienter les patients

L’équipe a également analysé des données provenant d’essais cliniques et d’échantillons de tumeurs de patients. Les résultats montrent que l’amplification du gène FOXJ1 est plus fréquente chez les patients déjà traités par taxanes. Plus frappant encore, les patients dont les tumeurs présentaient des niveaux élevés de FOXJ1 avant le traitement répondaient moins bien au docétaxel associé à l’hormonothérapie. "Il est clair que les patients qui surexpriment FOXJ1 ne bénéficient pas autant de la thérapie par taxanes", souligne la Dre Giannakakou.

Pour le Dr Steven Balk, professeur de médecine et oncologue, ces résultats ouvrent des perspectives importantes : "Ces découvertes montrent que les cellules tumorales peuvent exploiter cette fonction de FOXJ1 pour développer une résistance aux taxanes." A terme, mesurer l’activité de ce gène dans les tumeurs pourrait aider les médecins à anticiper la résistance aux traitements et à orienter plus rapidement les patients vers d’autres thérapies.

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