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Quatre frères, un même cancer de la prostate : faut-il revoir le dépistage ?

Au Royaume-Uni, quatre frères ont été diagnostiqués d'un cancer de la prostate en l’espace de quelques mois. Aujourd’hui en rémission, ils plaident pour un dépistage plus systématique.

Quatre frères, un même cancer de la prostate : faut-il revoir le dépistage ? Shidlovski / istock




L'ESSENTIEL
  • Quatre frères britanniques ont été diagnostiqués d'un cancer de la prostate en six mois.
  • Tous ont suivi des traitements différents mais sont aujourd'hui en rémission.
  • Leur histoire hors du commun souligne l'importance cruciale du dépistage par test PSA.

"Je suis toujours là, je respire, je suis heureux et, si quelque chose a changé, c’est que cela nous a rapprochés." Ces mots de Steve Hastings, un Britannique de 71 ans, résonnent comme un appel à la prévention. Lui et ses trois jeunes frères ont tous été diagnostiqués d'un cancer de la prostate en l'espace de six mois. Une épreuve surprise qu’ils ont traversée ensemble, et qui est aujourd'hui derrière eux, raconte-t-il à la BBC.

Quatre tests PSA pour dépister quatre cancers de la prostate

Tout commence il y a deux ans, lorsque Steve demande un test PSA (pour Prostate Specific Antigen ou antigène spécifique de la prostate), l’examen classique de dépistage du cancer de la prostate. Ses frères Jim, Andy et Tim, originaires comme lui du comté anglais Lancashire, lui emboîtent le pas. Verdict : quatre même diagnostics en quelques mois. D'abord, ce fut le choc, puis la fratrie s'est motivée : "On s'est dit qu'on allait prendre les choses comme elles viennent, un jour après l'autre", confie Steve. Les quatre patients ont été pris en charge au Preston Royal Hospital, où ils ont bénéficié de différents traitements : radiothérapie, chirurgie, accompagnement... Tous sont aujourd'hui en rémission.

Premier à être diagnostiqué, en novembre 2023, le plus jeune frère, Tim, est considéré guéri depuis plus d’un an. Andy, 66 ans, a reçu son diagnostic en février 2024 et a choisi de subir une prostatectomie trois mois plus tard. Désormais sans cancer, il confie : "On voit la vie différemment. On se dit qu'il faut en profiter, pas juste laisser passer le temps." Quant à Jim, 68 ans, il a terminé sa radiothérapie fin 2024 et résume avec humour : "Cancer, c'est un mot effrayant, mais le traitement en soi, ce n'est pas grand-chose. On reste assis 15 minutes, et c'est à peu près tout."

Les quatre frères insistent aujourd’hui sur l'importance du dépistage. Ils espèrent que leur histoire mettra en lumière le rôle crucial des tests dans la lutte contre le cancer de la prostate, notamment le test PSA, encore trop peu proposé en l'absence de symptômes. Steve Hastings, l’aîné, conclut avec un message fort : "Faites le test, faites-vous contrôler, et avancez."

Le dépistage du cancer de la prostate : un choix personnel

"Il n’existe pas en France, ni dans aucun autre pays, de programme national de dépistage du cancer de la prostate s'adressant aux hommes de manière systématique, écrit l'Institut national du cancer. En effet, le bénéfice du dépistage du cancer de la prostate n’est pas clairement démontré", les grandes études internationales (ERSPC et PLCO) n’ayant pas abouti à des conclusions claires sur la réduction de la mortalité.

Le toucher rectal, bien que peu agréable, permet de détecter certaines anomalies, mais reste limité à la palpation de tumeurs. Le dosage sanguin du PSA permet quant à lui de repérer des taux élevés, potentiellement indicateurs d’un cancer. Toutefois, un PSA élevé ne signifie pas toujours qu’il y a cancer : dans 70 % des cas, il s’agit d’une fausse alerte. Et à l’inverse, dans 10 % des cas, un cancer est présent malgré un taux de PSA faible. C’est pourquoi l’Institut recommande une discussion personnalisée avec son médecin avant toute démarche de dépistage.

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