- Utilisé comme une alternative au tabac fumé, le vapotage est associé à des effets cardiovasculaires, respiratoires et cancérogènes, même en l’absence de nicotine dans les produits.
- D’après l’Anses, ces risques sont liés à l’inhalation répétée de substances toxiques présentes dans le e-liquide ou qui se forment lors du vapotage.
- Si l’autorité sanitaire recommande d’écarter toute incitation à vapoter chez les non-fumeurs et les jeunes, elle estime que la cigarette électronique peut être une alternative temporaire pour les fumeurs en cas de sevrage tabagique.
Apparus dans les années 2010, les dispositifs électroniques de vapotage, qui sont remplissables ou rechargeables, ne cessent d’être utilisés par les Français. Au total, plus de 3 millions de personnes vapotent quotidiennement, selon le Baromètre de Santé publique France de 2024. En 2023, une enquête, menée par OpinionWay pour l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), a montré que plus de 50 % des jeunes vapoteurs (13-17 ans) ou des femmes vapoteuses pendant la grossesse le faisaient quotidiennement. "Les motivations principales au vapotage sont le sevrage tabagique, le coût moins élevé que la cigarette, le moindre impact sur la santé, le plaisir sensoriel. Pour les femmes enceintes, la santé du bébé à naître est le facteur prépondérant pour passer de la cigarette au vapotage. Les jeunes sont soumis aux effets de mode et attirés par la diversité des arômes."
Vapotage : des risques cardiovasculaires, respiratoires et cancérogènes pour les utilisateurs
Problème : les cigarettes électroniques ne sont pas sans risques pour la santé. Plusieurs études ont mis en évidence ses potentiels dangers. Pour la première fois, c’est l’Anses qui a alerté sur les effets du vapotage, reposant sur le chauffage d’un liquide sans combustion, à moyen et long termes. Pour son rapport, l’autorité sanitaire a examiné près de 3.000 articles scientifiques et plusieurs études. Elle s’est concentrée sur plusieurs aldéhydes (acétaldéhyde, acroléine, formaldéhyde, furfural, glyoxal, propionaldéhyde), substances reconnues pour leurs effets toxiques et toujours présentes dans les émissions des produits du vapotage. L’analyse démontre que l’utilisation de la cigarette électronique , notamment l’inhalation répétée des substances toxiques, est liée à la survenue probable d’effets cardiovasculaires (comme la hausse de la pression artérielle) lorsque les produits contiennent de la nicotine, d’effets sur les voies respiratoires, le système cardiovasculaire et la cancérogenèse (avec ou sans nicotine) ainsi qu’à la possible apparition d’effets sur le développement cardiovasculaire et respiratoire du fœtus exposé in utero, avec ou sans nicotine.
Le vapotage, une option transitoire uniquement pour le sevrage tabagique
Face à ces risques, l’Anses recommande de mieux informer les consommateurs sur les risques associés à leurs pratiques. En outre, cette dernière préconise d’écarter les actions qui incitent, les non-fumeurs et les jeunes, à vapoter. Néanmoins, elle estime que la cigarette électronique peut être envisagée comme une option transitoire pour les fumeurs rencontrant des difficultés à arrêter le tabac fumé, dont les effets sanitaires sont à la fois graves, avérés et très documentés. "Son utilisation doit s’inscrire dans une démarche de sevrage tabagique, en usage exclusif, et en complément des dispositifs d’accompagnement existants. L’Anses souligne de ce fait l’importance du rôle des professionnels de santé (tabacologue, médecin généraliste, infirmier, pharmacien…) auprès des fumeurs et vapoteurs et recommande de renforcer leur information et leur formation sur les produits du vapotage."


