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Cancer du poumon : comment va s'organiser le dépistage généralisé

Pour lutter contre le cancer du poumon, le cancer le plus meurtrier de France, le gouvernement veut lancer un dépistage généralisé d'ici à 2030.

Cancer du poumon : comment va s'organiser le dépistage généralisé Chinnapong/istock




L'ESSENTIEL
  • Le gouvernement voudrait instaurer un dépistage généralisé du cancer du poumon d'ici à 2030.
  • Une expérimentation sera lancée avec plus de 20.000 personnes en mars prochain.
  • Le dépistage visera les personnes de 50 à 74 ans, fumeurs et ex-fumeurs (sevrés depuis moins de 15 ans).

En cette journée mondiale contre le cancer, le gouvernement part en guerre contre le cancer le plus meurtrier. C'est-à-dire celui du poumon. "Nous voulons qu'il y ait un dépistage généralisé du cancer du poumon d'ici à 2030", a expliqué la ministre de la Santé, Stéphanie Ristau au micro de Franceinfo ce mercredi. "Il n'y a pas de politique de dépistage collectif comme on peut l'avoir dans le cancer du sein ou dans le cancer du côlon. C'est ce que nous voulons faire demain", ajoute-t-elle.

Dépistage du poumon : comment se passera l’expérimentation ?

Ce nouveau dispositif de dépistage du cancer du poumon, qui avait déjà été évoqué par l’Institut national du cancer (INCa) en mars 2025, devrait être lancé au mois de mars. Il sera "plutôt basé sur des scanners de poumons, des scanners peut-être spécifiques", précise la ministre.

L’expérimentation portera sur "plus de 20.000 personnes qui pourront être dépistées de façon ciblée". Les participants volontaires seront recrutés sur une période de 18 à 24 mois. Il s’agira "de personnes de 50 à 74 ans, fumeurs et ex-fumeurs (sevrés depuis moins de 15 ans), avec, par exemple, une consommation tabagique cumulée d’au moins 20 paquets année". La ministre assure qu’elle apportera des précisions sur le projet au mois de mars.

Toutefois, l’INCA qui travaille sur ce dispositif, indique sur son site que "les participants seront appelés à réaliser deux scanners à un an d’intervalle, puis tous les deux ans".

Les données recueillies pendant l’expérimentation permettront à l'État d'ici à 2030 "de dire quel Français doit avoir un dépistage" et "d'avancer réellement vers ce dépistage de masse, comme nous le faisons pour le cancer du sein ou pour le cancer du côlon", ajoute la ministre.

Un dépistage généralisé du cancer du poumon : une vraie avancée contre la maladie

Le Dr Olivier Leleu, Chef du service de pneumologie et oncologie thoracique au centre hospitalier d'Abbeville, qui avait présenté le projet de dépistage à Pourquoi-Docteur en août dernier lors de la journée mondiale du cancer du poumon, assurait qu’il s’agissait d’une "vraie avancée".

"Plus le cancer du poumon est découvert à un stade précoce, plus les chances de guérison sont importantes. Pour les petits cancers de moins de 2 cm, on a 9 chances sur 10 de guérir et d'être en vie à 5 ans. En revanche, après, une fois que le cancer est plus avancé, c'est un peu plus compliqué en termes de traitement… bien qu’on ait fait d'excellents progrès en thérapeutique, notamment avec l'immunothérapie, qui a révolutionné la prise en charge des cancers, et surtout celui du poumon", rappelait-il.

Cancer du poumon : le deuxième facteur de risque a changé

En 2023, 52.777 nouveaux cas de cancer du poumon ont été diagnostiqués en France. Ces tumeurs pulmonaires malignes ont également été responsables de plus de 30.000 morts en 2022, soit près de 600 décès par semaine. Le cancer du poumon est ainsi la première cause de décès par cancer en France. Mais cette mortalité élevée n’est pas la seule source d’inquiétude des professionnels de santé. Une importante augmentation de l'incidence du cancer du poumon a aussi été observée chez la femme. Portée principalement par le tabac, elle grimpe d'environ 5 % par an depuis une décennie. Ainsi, l’incidence de la maladie est toujours plus élevée chez les hommes, mais la gente féminine les rattrape (60 % homme, 40 % femme).

Si le tabagisme reste le principal facteur du cancer du poumon, il y a du mouvement au niveau de la deuxième place. En effet, une étude parue dans The Lancet montre que la pollution de l’air a dépassé l’exposition à l’amiante. "La pollution de l'air est désormais devenue le deuxième facteur de risque le plus courant, représentant près de 20 % du taux de mortalité du cancer du poumon, de la trachée et des bronches à l'échelle mondiale et plus de 25 % en Chine, en Inde, au Pakistan, au Bangladesh et au Nigéria", indique le rapport. "L’association entre la mortalité par cancer du poumon et la pollution de l’air est encore controversée, mais de plus en plus de preuves montrent qu’il existe un lien auquel il faut prêter attention, ajoute Estelamari Rodriguez, co-autrice de la recherche. Ce document fournit une preuve supplémentaire que ce n’est pas un problème limité à un pays. C’est un phénomène mondial."

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