- Une étude confirme que le chronotype est une caractéristique biologique individuelle déterminée par des facteurs génétiques et physiologiques.
- Les personnes plus actives le soir sont plus susceptibles de manger tard, moins bien dormir, de pratiquer une activité physique réduite et de développer de l’obésité, de la sarcopénie et des troubles métaboliques.
- Les chercheurs conseillent de prendre en compte la chrononutrition, la qualité du sommeil et le moment de l'exercice afin d’aligner les comportements liés au mode de vie sur la biologie circadienne.
Le fait d’être plus actif le matin ou le soir n’est pas lié à une préférence personnelle ou à la volonté, mais au chronotype. Il s’agit du rythme biologique naturel qui fixe les moments de la journée où le corps préfère se réveiller, être performant, manger ou encore dormir. Cette horloge interne influence considérablement la santé métabolique, la fonction musculaire et la composition corporelle. Afin d’expliquer pourquoi les mêmes habitudes de vie ne sont pas efficaces de la même manière chez tout le monde, des chercheurs de l’université de Barcelone (Espagne) ont réalisé une étude publiée dans la revue Nutrients.
Sarcopénie : plus de risque chez les personnes ayant un chronotype du soir
Pour ces travaux, ces derniers ont analysé les données scientifiques existantes sur le lien entre le rythme circadien, les fluctuations hormonales, les habitudes de vie (les horaires des repas, l'activité physique et la qualité du sommeil) et le maintien de la masse musculaire, notamment dans le contexte de l'obésité et du vieillissement. Les personnes étant plus du soir ont tendance à manger plus tard, à avoir un sommeil moins régulier et à pratiquer une activité physique moins structurée. Ce décalage entre l'horloge biologique interne et les "horaires sociaux" peut entraîner des modes de vie moins sains et impacter la qualité musculaire et le métabolisme. Dans le détail, les résultats ont établi un lien entre le chronotype du soir et un risque accru d'obésité, de sarcopénie et de troubles métaboliques.
"Au niveau moléculaire, les perturbations de l'expression des gènes de l'horloge circadienne (par exemple, BMAL1, PER2, CRY1) affectent la synthèse des protéines, la sensibilité à l'insuline et le métabolisme énergétique, contribuant à la dégradation musculaire et à une récupération altérée", ont signalé les auteurs. Ils ont rappelé qu’au-delà de la force et de la mobilité, les muscles jouent un rôle déterminant dans le métabolisme et la prévention de la fragilité liée à l'âge. Dans les recherches, l’équipe alerte, plus précisément, sur le risque d'obésité sarcopénique, une pathologie caractérisée par un excès de masse grasse associé à une perte de masse et de fonction musculaires, pouvant altérer la qualité de vie à long terme.
Vers des recommandations plus personnalisées pour bien viellir
D’après les chercheurs, la mise en place d’approches plus personnalisées et intégrées, prenant en compte l'heure des repas (chrononutrition), le moment de l'activité physique ainsi que la durée et la régularité du sommeil, est essentielle. "L'objectif principal est d'encourager l'activité physique et d'éviter la sédentarité. Cependant, une meilleure compréhension des caractéristiques et des habitudes de chacun permet de concevoir des interventions plus précises, contribuant ainsi à améliorer la santé et le bien-être de la population. Cette approche pourrait s'avérer particulièrement pertinente dans une société aux horaires irréguliers et confrontée au vieillissement de sa population", a conclu Pablo M. Garcia-Rovés, qui a dirigé l’étude.


