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Allergie

Allergies, asthme : une découverte majeure dans le microbiote des bébés

Des chercheurs ont mis en évidence un lien inattendu entre certaines bactéries du microbiote intestinal des nourrissons et un risque réduit de développer de l’asthme ou d’autres allergies. Une découverte qui pourrait bouleverser les stratégies de prévention.

Allergies, asthme : une découverte majeure dans le microbiote des bébés KatarzynaBialasiewicz / istock




L'ESSENTIEL
  • Une molécule produite par certaines bifidobactéries réduit de 60 % la réaction allergique.
  • Les naissances par voie basse et l’allaitement favorisent ces bactéries protectrices.
  • Des laits infantiles enrichis pourraient prévenir allergies et asthme.

Et si la prévention des allergies commençait dans le berceau ? Une étude internationale, publiée dans la revue Nature Microbiology, révèle le rôle clé de certaines bifidobactéries dans le microbiote des nourrissons. Cette découverte ouvre la voie à une nouvelle stratégie de lutte et de prévention contre les allergies, à commencer par l’asthme.

Une molécule qui calme le système immunitaire

L’équipe de scientifiques de l’Université technique du Danemark (DTU) a réussi à identifier une molécule clé : le 4-hydroxyphényl lactate (4-OH-PLA), produit par certaines bifidobactéries naturellement présentes dans le microbiote de certains bébés. Cette substance réduit significativement la production d’immunoglobuline E (IgE), l’anticorps responsable des réactions allergiques. Dans le détail, lors d’expériences en laboratoire, le 4-OH-PLA a diminué de 60 % la production d’IgE, et ce, sans nuire aux autres anticorps.

En suivant 147 enfants jusqu’à l’âge de 5 ans, les chercheurs ont constaté que les nourrissons colonisés très tôt par ces bifidobactéries étaient bien moins susceptibles de développer des allergies. Et certains facteurs favorisent cette colonisation : la naissance par voie basse, l’allaitement maternel (exclusif), et le contact précoce avec d’autres enfants. "Les enfants nés par voie basse ont jusqu’à quatorze fois plus de chances d’acquérir ces bifidobactéries au contact de leur mère", précise Rasmus Kaae Dehli, spécialiste en immunologie, dans un communiqué.

"La principale avancée est l’identification d’un mécanisme précis capable d’inhiber le développement des réponses allergiques dès la petite enfance", affirme Susanne Brix Pedersen, professeure à la DTU Bioengineering. Elle avance que ce "frein" naturel pourrait offrir une piste préventive majeure contre l’eczéma, les allergies alimentaires, la rhinite allergique ou encore l’asthme.

Entre 7 et 10 % des enfants souffrent d’asthme en France

Alors que notre mode de vie moderne rend ces bifidobactéries plus rares, les chercheurs envisagent d’y remédier grâce à des compléments alimentaires ou des laits infantiles enrichis en 4-OH-PLA ou en probiotiques spécifiques. Des essais cliniques sont déjà en cours au Danemark dans le cadre d’une étude appelée BEGIN. Si les résultats se confirment, ils pourraient ouvrir de nouvelles perspectives de traitement d’ici quelques années pour les nourrissons à risque. Un espoir majeur quand on sait qu’en France, entre 7 et 10 % des enfants souffrent d’asthme, et qu’un sur trois présente une maladie allergique, selon l’Inserm.

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