- Quatre touristes britanniques sont morts après avoir contracté la shigellose au Cap-Vert.
- L'infection, aggravée par un système de soins défaillant, suscite l'inquiétude.
- La shigellose est une infection intestinale qui se transmet par des aliments, de l'eau contaminés, ou encore de personne à personne, et qui provoque "une diarrhée sévère, souvent sanglante, des crampes abdominales et de la fièvre".
Quatre morts en trois mois : c'est le triste bilan dressé à la fin de l'année 2025 parmi les touristes britanniques ayant séjourné au Cap-Vert. En cause : une épidémie de shigellose, infection intestinale d'origine bactérienne, qui aurait été aggravée par des soins médicaux jugés insuffisants sur place. Une enquête du Sunday Times retrace l'histoire.
Une infection fatale chez les personnes vulnérables
Tout commence en août 2025 avec le décès d'Elena Walsh, 64 ans, en vacances avec sa famille. Hospitalisée pour de violents maux de ventre, elle est diagnostiquée à tort d’une appendicite et subit une opération qui s'avérera inutile. Une autopsie au Royaume-Uni révélera qu'elle est décédée d'un infarctus secondaire à une gastro-entérite. Trois autres Britanniques, âgés de 54 à 64 ans, sont morts dans les mois suivants, victimes de symptômes similaires après des séjours dans des hôtels du groupe espagnol Riu. Tous présentaient des pathologies préexistantes.
La shigellose est une infection intestinale provoquée par la bactérie Shigella sonnei, qui se transmet par des aliments, de l'eau contaminés, ou encore de personne à personne. L’Institut Pasteur précise qu’elle provoque "une diarrhée sévère, souvent sanglante, des crampes abdominales et de la fièvre". Résistante aux antibiotiques, elle "peut être une bactérie assez redoutable [...] et mortelle dans certains cas", selon le professeur Brendan Wren, de la London School of Hygiene and Tropical Medicine, cité par le Times. Si la plupart des cas guérissent spontanément, la shigellose peut être fatale chez les personnes vulnérables. Dès 2022, une première vague avait touché le Cap-Vert et, fin 2025, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) alertait déjà sur une hausse des cas dans cinq pays européens, la plupart liés à des retours de l’archipel.
Des défaillances sanitaires au Cap-Vert ?
Malgré les signaux, la réaction des autorités locales et des chaînes hôtelières reste critiquée, dans un pays visité par près d’un million de touristes par an. Le Foreign Office britannique avertit que les soins au Cap-Vert sont "très basiques et limités". Jess Richards, une touriste testée positive à son retour, témoigne : "Je n’ai jamais été prévenue avant mon départ qu’il se passait quelque chose. Je n’ai reçu aucun mail. Il n’y a rien à l’hôtel". Le groupe Riu affirme coopérer avec les autorités locales, annonçant un plan antiparasitaire et l’élimination des eaux stagnantes.
Pourtant, selon The Sunday Times, aucune mesure préventive n’a été mise en place au plus fort de la crise. Une plainte collective de 300 personnes est en cours au Royaume-Uni suite à une première épidémie en 2022, qui avait fait de nombreux malades et un mort, une femme d’une soixantaine d’années, parmi les touristes.


