- TDAH : les femmes sont plus fréquemment diagnostiquées à l’âge adulte que les hommes.
- Les critères diagnostiques ont été élaborés à partir d’études menées majoritairement chez des garçons.
- Dès l’enfance, beaucoup de filles apprennent à masquer leurs difficultés et développent des stratégies de compensation sophistiquées.
Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité est un trouble neurodéveloppemental qui débute dans l’enfance et persiste souvent à l’âge adulte. Il concerne environ 2,5 des adultes selon les études épidémiologiques internationales. Pourtant, les femmes sont plus fréquemment diagnostiquées à l’âge adulte que les hommes. Ce retard est le reflet de biais historiques dans la reconnaissance des symptômes et de normes sociales qui ont longtemps rendu le TDAH féminin invisible.
Des symptômes moins visibles et des stéréotypes persistants
Chez les femmes, le TDAH se manifeste plus souvent par une inattention prédominante que par une hyperactivité motrice. Cela peut prendre la forme d’oublis fréquents, de difficultés à hiérarchiser les tâches, d’une rêverie envahissante ou d’une hypersensibilité émotionnelle. Ces manifestations, moins perturbatrices pour l’entourage, sont facilement attribuées au stress, à l’anxiété, aux variations hormonales ou à un manque de confiance en soi.
Historiquement, les critères diagnostiques ont été élaborés à partir d’études menées majoritairement chez des garçons présentant une hyperactivité visible, ce qui a contribué à sous-représenter les formes plus internes du trouble, aujourd’hui bien décrites dans la littérature scientifique.
Le camouflage et le coût de la compensation
Dès l’enfance, beaucoup de filles apprennent à masquer leurs difficultés pour répondre aux attentes sociales de calme, d’organisation et de fiabilité. Elles développent des stratégies de compensation sophistiquées, comme le perfectionnisme, l’hypercontrôle ou la surcharge de travail. Cela peut être, par exemple, le cas d’une étudiante qui révise toute la nuit pour compenser une concentration fluctuante, ou d’une mère de famille qui multiplie les rappels et les listes sur son téléphone au quotidien.
Ces stratégies rendent les symptômes peu visibles, mais elles s’accompagnent souvent d’un épuisement profond, d’une perte d’estime de soi et d’un sentiment d’échec personnel. Le diagnostic n’est alors envisagé que lorsque ces mécanismes s’effondrent, lors d’un burn-out ou d’un épisode dépressif, par exemple.
Un diagnostic tardif mais libérateur
Chez de nombreuses femmes, le TDAH est d’abord approché à travers des diagnostics secondaires, comme l’anxiété ou la dépression, sans que le trouble sous-jacent ne soit identifié. Lorsque le diagnostic est enfin posé, il peut être vécu comme un soulagement, permettant de relire son histoire avec davantage de compréhension et surtout d’accéder à des outils adaptés.
Un accompagnement psychothérapeutique, des conseils d’aménagements du quotidien ou, dans certains cas, un traitement médicamenteux peuvent ainsi être proposés. La communication avec l’entourage est également centrale pour remplacer la pression et l’auto-critique par la coopération et le soutien.
En savoir plus : "Le TDAH chez la femme : bien vivre avec le trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité" de Pascale De Coster.


